LE PARC ARCHEOLOGIQUE DE BEYNAC
Les incroyables prouesses de la Protohistoire

OU SE TROUVE-T-IL ?
Vous trouverez le Parc Archéologique, au pied du château de Beynac qui domine, de toute sa majesté, cette magnifique vallée de la Dordogne.
Aménagé sur l'emplacement d'un site datant de l'âge de Bronze, ce parc vaut vraiment le détour, quant à sa localisation dans une région riche d'un patrimoine historique qui remonte aux sources de l'humanité, mais aussi, quant au programme divers et varié qu'il propose à ses visiteurs. Vous irez faire là une expérience tout à fait insolite et vous en repartirez bien plus savants et curieux sur tout ce qui concerne ces périodes un peu négligées des manuels d'Histoire ou dans les écoles, à savoir : le Néolithique, le Chalcolithique, les Ages de Bronze et de Fer.
Spécialisé plus particulièrement dans la période de - 6 000 à - 50 ans, ce parc géré par l'Association des Musées du Sarladais a, avant tout, une vocation pédagogique. Mais on y fait aussi un large travail de recherches, des expérimentations, il s'y produit diverses manifestations et dans ces perspectives, son personnel est parfois amené à se déplacer en France et à l'étranger. Sur place, on y fabrique de l'outillage lithique et des fac-similés. C'est donc bien plus qu'un simple divertissement qui vous est proposé ici et si on vous y raconte des histoires passionnantes sur nos ancêtres, sachez qu'il ne s'agit pas de simples fables pour vous faire rêver. La vérité dépassant souvent de loin la fiction, vous allez vous plonger avec délice dans l'authenticité des découvertes et des progrès incroyables réalisés par ces chers Protohistoriques qui peuplèrent nos pays d'Europe à l'époque où les Egyptiens bâtissaient déjà leurs premières pyramides !!!
QU'Y VOIT-ON ?
Selon les jours et les horaires, différentes démonstrations sont proposées au public, il est donc préférable de se renseigner à l'avance sur le programme de la journée.
Après avoir franchi la porte d'entrée reconstituée d'un oppidum où se trouve l'accueil, vous entrerez dans un véritable village reconstitué dans l'art et la manière des anciens et dans lequel vous aurez la possibilité de vous promener librement ou avec un guide. Vous aurez tout loisir de vous attarder devant les divers ateliers : taille du silex et archerie primitive, poterie et cuisson, tissage et teinture, fonte de cuivre et de bronze, réduction de minerais et forge mais aussi tout en regardant travailler les spécialistes, de poser des questions, car ici, sachez-le bien, tout est mis en uvre pour éclairer vos lanternes.
LE NEOLITHIQUE (- 6000 à - 3200)
Après
des millénaires de nomadisme, c'est une période cruciale où
l'homme se sédentarise, fonde les premiers villages et s'adonne à
la culture des céréales et à l'élevage/domestication
d'animaux tels que le mouton, le porc, la chèvre ou le buf. Il découvre
de nouvelles techniques : le tissage, la poterie, la pierre polie. En parallèle,
d'autres changements vont survenir dans la culture de ces peuples de nouveaux
agriculteurs qui découvrent des notions telles que la propriété
et le territoire ; ainsi, de nouveaux rites funéraires font jour avec l'apparition
des dolmens (sépultures) et des menhirs. Mais aussi, avec le défrichage
des forêts, un nouveau paysage prend forme, plus proche du nôtre actuel.
Sur le Parc, vous pourrez visiter une maison typique style néolithique
avec ses divers aménagements et un dolmen sous tumulus (avec de véritables
ossements humains à l'intérieur !!!).
L'atelier de la taille du silex
Si vous pensez
qu'il est aisé de tailler du silex, vous vous trompez !!! C'est ici que
l'on se rend compte de toute l'intelligence, l'adresse et la transmission du savoir
dont ont fait preuve nos ancêtres pour que les générations
perpétuent la connaissance de cette discipline à leurs descendants
qui n'ont cessé d'en améliorer les techniques au fil du temps
Le silex contient de la silice, il est donc coupant comme le verre. Au départ,
on se retrouve avec un nucleus, c'est à dire un gros bloc de silex qu'il
faudra dans un premier temps aménager, en le débarrassant du calcaire
qui l'entoure. Pour ceci, le tailleur aura besoin d'outils comme des galets arrondis,
des percuteurs " tendres " ou " durs " en bois ou bois de
cerf. Il lui faudra ensuite déterminer des points d'impacts où taper
correctement et surtout très précisément pour débiter
le bloc selon les outils désirés. C'est par percussion directe ou
indirecte qu'il frappera. Les ondes de choc suivent les arêtes. Si vous
avez déjà joué au billard, vous comprendrez aisément
la manuvre : il faut donc que le tailleur anticipe son idée avant
de réaliser son objet. Qu'il visualise, qu'il planifie car il ne s'agit
pas de gâcher de la matière première, surtout quand il a fallu
aller la chercher sur un gisement éloigné et la ramener au prix
de grands efforts jusqu'au campement !!!
Au Néolithique, on pratique
le polissage pour aplanir les arêtes (sinon on casserait le silex) car on
a besoin de haches pour couper les arbres et défricher la forêt.
Alors, on adapte un manche en bois qu'on laisse tremper dans l'eau. Ainsi, le
bois gonfle et y retient la pierre prisonnière. Ingénieux, non ?
LE CHALCOLITHIQUE (ou âge de cuivre - 3200 à - 2300)
C'est une période charnière marquée par l'invention de la métallurgie et l'apparition des premiers outils en cuivre et de l'orfèvrerie. Bien sûr, les premiers bijoux en cuivre mais surtout des armes (poignards, pointes de flèches, haches) car l'homme est devenu un guerrier qui veut maintenant à la fois, conserver son territoire et en conquérir d'autres De plus, avec les progrès techniques, une expansion démographique est en route. Le début des vrais problèmes pour l'humanité ?
L'AGE DU BRONZE (- 2300 à - 750)
Quand on ajoute de l'étain au cuivre, on obtient du bronze, un alliage bien plus dur et bien plus efficace pour fabriquer des outils et des armes. Mais, l'âge du Bronze est aussi une période très importante au niveau des échanges économiques et culturels par voies maritimes ou terrestres entre les peuples de l'Europe et de la Méditerranée (Grecs, Etrusques). On découvre la traction animale qui facilite l'agriculture, on incinère les morts, on innove des dépôts funéraires ou l'on place les sépultures dans les grottes. Bref, on arrête pas le progrès !!!
Sur le Parc, vous visiterez la maison de l'âge du bronze, le grenier à céréales et les fours du potier.
Dans une maison de bois au toit pointu, vous allez pouvoir assister à une expérience spectaculaire que vous ne serez pas prêts d'oublier : la fonte du bronze telle qu'elle se pratiquait à l'identique durant ces temps reculés.
Au centre du cercle d'habitat, se trouve le four en argile, foyer ouvert agrémenté d'une tuyère (conduit d'air qui insuffle l'air dans le foyer). A son extrémité, un soufflet en peau animale. On commence par allumer le feu à l'ancienne grâce à un briquet de silex /pyrite et de l'amadou (champignon d'arbre). Les étincelles sont obtenues par une percussion violente du silex sur le minerai de fer qui enflamme cette matière sèche et légère qu'est l'amadou. Il ne reste plus qu'à transmettre la flamme obtenue, portée à incandescence, à un combustible plus solide. Indéniablement, cela semble magique !!!
Puis, on remplit le four de charbon de bois et on ne cesse de souffler pour attiser le feu et faire monter la température. On place le minerai dans un creuset en terre et on le recouvre encore avec du charbon de bois. Au bout d'une heure environ, il commence à faire chaud dans la chaumière !!! Le bronzier, qui n'a pas arrêté d'actionner son soufflet, n'a pas froid lui non plus !!! Sans doute, étaient-ils plusieurs individus à se relayer ? Les moules ont été mis dans le foyer selon une disposition bien précise. Il s'agit de moules en pierre, bivalves ou à la cire perdue, selon le type d'objet que l'on souhaite obtenir. Les moules à bronze étaient fabriqués pour moitié de limon de rivière et pour moitié de crottin de cheval.
Quand la température atteint les 1 200°, le bronzier saisit le creuset
à l'aide de longues tenailles et en verse le contenu en une seule fois
dans le moule. Des gants en peau de mouton retournée étaient utilisés
pour se protéger les mains et les pieds pendant cette manipulation dangereuse.
Souvent, ceux-ci étaient renforcés par un cuir plus dur. Le démoulage
est presque instantané si on trempe les moules dans de l'eau froide mais
la meilleure technique voudrait qu'on les laisse reposer dans les cendres du foyer
jusqu'au lendemain. Des haches et des poignards sont démoulés ;
la démonstration est terminée et les objets circulent dans nos mains.
Dans la pénombre de la cabane, le foyer rougi émane encore les parfums
du métal, du bois et des cendres nous laissant un peu surpris de toute
cette magie qui s'est déroulée, pas à pas, sous nos yeux
étonnés et attentifs. Une expérience tout à fait surprenante
Le bronzier n'est pas seulement l'artisan d'une technique. Il travaille "
à l'oreille ", c'est à dire qu'il écoute attentivement
les bruits de son four qui lui donnent autant d'informations utiles pour mener
à bien son opération. Il regarde également le feu. Ses couleurs
changeantes sont pour lui, une précieuse source d'indications sur la température.
Son expérience est sa meilleure garantie de réussite. Il est à
la fois un maître d'uvre et un artiste à part entière.
Selon certains maîtres bronziers japonais, le four est comparé à
un utérus. Le manipulant est alors l'accoucheur. Ils pensent que l'homme
peut s'amuser avec plusieurs femmes mais lorsqu'il s'agit de mettre son propre
enfant au monde, mieux vaut écarter les rivales du foyer et laisser son
épouse mettre tranquillement l'enfant au monde. Est-ce pour cela qu'il
est souvent supposé que la gente féminine était exclue des
ateliers ?
Encore quelques précisions
: chez les Grecs, le symbole alchimique du cuivre était Vénus. Celui
de l'étain était Zeus. Le bronze s'obtient avec 89/92 % de cuivre
et 8/11 % d'étain.
5 à 8 kg de métal coulé/jour
représentent 25 à 35 objets/jour.
L'AGE DU FER (- 750 à - 52)
Avec
l'arrivée de ce métal plus léger, ce sont les Celtes
qui s'imposent, occupant la presque totalité de notre territoire français
actuel et la Belgique. Ils constituent différentes peuplades, sans véritable
unité politique.
C'est l'apparition des premières monnaies,
de l'horticulture et de l'arboriculture. Un véritable commerce s'instaure
peu à peu avec les Romains.
Sur le Parc, on peut voir la forge et le bas fourneau, l'atelier de tissage, la porte gauloise fortifiée ainsi que l'atelier de fabrication du verre.
LES " PLUS " DE LA VISITE
-
Un bon accueil et un personnel qualifié composé de cinq personnes
à plein temps
- Des démonstrations en direct
LES " PLUS " DU PARC
- Un
village entièrement reconstitué de manière authentique
- Un livret d'initiation à la Protohistoire, très accessible à
un large public (vendu sur place)
- Un livret pédagogique du Parc
- Des événements durant toute l'année
- Une foire gauloise
(13, 14 et 15 août)
- Durant l'été, des ateliers tous
les mercredi après-midi pour les enfants
- Les journées du patrimoine
RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
Ouvert
durant l'année exclusivement aux groupes scolaires
Ouvert de juillet
à mi-septembre au public de 10h à 19h (fermé le samedi)
Tél.
05 53 29 51 28
Fax : 05 53 28 46 92
(JUILLET 2003)