Yvette DELOISON
Anthropologue au CNRS

Qu'est-ce pour vous, la Préhistoire ?
C'est l'histoire de l'homme avant l'écriture.
Quelles sont exactement vos fonctions ?
Ma spécialité est l'étude de l'homme à partir de sa bipédie... Mais je travaille également sur l'homme actuel. Du reste, je viens de publier récemment un article dans la revue "Biométrie et Anthropologie" sur la croissance du visage.
Vous écrivez beaucoup... et vous venez aussi de terminer un livre. De quoi parlez-vous dans cet ouvrage ?
Je développe les arguments essentiellement anatomiques qui m'ont amené à émettre une nouvelle hypothèse sur l'origine des primates et donc de l'homme.
Mais encore ?
Ce qui m'a amené à cela ? C'est l'étude des os des pieds des Australopithèques comparés à ceux de l'homme et des grands singes. Le pied est l'organe majeur pour la marche. Pour moi, le primate est à l'origine des trois grandes lignées (Australopithèques, Hommes, Grands Singes), cet ancêtre commun n'était ni arboricole, ni quadrupède mais bien bipède.
Un vaste sujet ! Comment s'intitule votre livre et quand pourrons-nous nous le procurer en librairie ?
Le titre de mon livre est "Préhistoire du piéton. Essai sur de nouvelles origines de l'homme" qui doit paraître dans les premiers jours d'avril prochain chez PLON
Vous reste-t-il un peu de temps pour d'autres passions ?
Oui, je peins mais je m'intéresse aussi beaucoup à l'art pariétal... Généralement, je suis sensible à tout ce qui approche de près ou de loin cette question fondamentale : qu'est-ce que l'homme ?
La collaboration avec des orthopédistes, des vétérinaires, des kinésithérapeutes, des dentistes et des podologues m'apporte des compléments d'information non négligeables dans l'aboutissement de mes recherches. Je me sens un peu l'âme d'un Hercule Poirot ou d'un Sherlock Holmes au féminin et d'ailleurs, ce côté "policier", d'investigation et de recherches d'indices pour apporter de nouvelles réponses à l'humanité, est ce qui me passionne le plus.
(Décembre 2003)