LA GROTTE DE PAIR-NON-PAIR

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OU SE TROUVE-T-ELLE ?

En Gironde, entre Saint-André-de-Cubzac et Bourg, perdue dans les vignes des Côtes de Bourg (un très bon cru !!!), se trouve la ravissante petite grotte de Pair-non-Pair. Redécouverte en 1881 grâce à une vache qui avait coincé son sabot dans le puits de jour de la partie ornée, il fallut cependant plus de trente années pour la mettre à jour et la vider de la terre qui l'obstruait. Un sacré travail de fourmi pour M. DALLEAU !!! Mais ce maître d'école passionné ne s'arrêta pas là : il alla même jusqu'à planter des arbres au-dessus de la cavité afin de diminuer l'humidité de la grotte, ce qui agrémente agréablement d'un bosquet de verdure, le petit sentier qui mène de nos jours jusqu'à elle. Elle présente un très beau témoignage de l'Aurignacien (-30 000 ans) sous forme de gravures pariétales exclusivement, mais sa partie plus profonde fut également habitée, ce qui en fait toute son originalité et son charme.

QU'Y VOIT-ON ?

On peut encore se faufiler sous les méandres du porche de l'entrée d'origine. Aujourd'hui murée, il faut savoir que nos Préhistoriques devaient ramper au travers pour atteindre la caverne. L'entrée artificielle se situe parallèlement à celle d'origine. Grâce à elle, on pénètre de plein pied dans la partie ornée dont le puits de jour qui illuminait de lumière les gravures, est actuellement bouché. Le sol préhistorique était élevé de 1,20 m par rapport au niveau d'aujourd'hui. Sur la gauche, l'entrée préhistorique, une autre salle que nous découvrirons à la fin de la visite. Au fond, l'habitat constitué d'une salle entourée de trois alcôves. Toutes les salles sont circulaires, assez petites, ne pouvant contenir un grand nombre d'humains. (une douzaine de personnes environs)

Pour commencer deux bouquetins, dont l'un plus grand que l'autre, se font face. Au-dessous, deux bisons en décalé, sont eux aussi, face à face. Encore dessous, deux chevaux se suivent la bouche entre-ouverte, non loin d'un mammouth qui les regarde.


A gauche de la coupole, deux chevaux identiques, l'un au-dessus de l'autre. Leurs têtes sont tournées de trois quarts vers l'arrière-train dont le trait compose aussi la trompe d'un mammouth. C'est une gravure qui exprime beaucoup de mouvement par rapport aux autres. En effet, toutes les autres gravures représentent des animaux de profil et sont assez statiques. L'œil du mammouth est représenté par un coquillage fossilisé. Ici également, les artistes ont utilisé le modelé de la paroi et les ressemblances qu'elle leur inspirait avec le bestiaire de l'époque composé d'animaux des steppes de l'ère glaciaire.


Presque en face, un cerf face à face avec une biche. Toujours en se tournant vers la gauche, un petit mammouth dans une concavité. En continuant vers l'habitat, un cerf bramant encercle dans sa panse, un bouquetin mêlé à un mégacéros. Presque toutes les gravures sont imbriquées les unes dans les autres, le trait dessinant la partie d'un animal pouvant constituer ingénieusement une partie anatomique d'un deuxième, voire d'un troisième. Cela crée une savante confusion, un mélange insolite, un rébus incompréhensible... Un mouvement peut être aussi à la lumière des lampes à huile ? …


Dans un coin en haut, seul le bas d'un autre cheval est gravé, tout le haut de l'animal, y compris sa tête et sa crinière ne sont dus qu'au modelé naturel de la paroi. Les graveurs ont d'abord esquissé certaines de leurs gravures au charbon de bois puis ils ont gravé au burin. Ils ont également utilisé la technique du piquetage par endroits. Les quelques pigments colorés ne nous permettent pas de conclure que les gravures étaient peintes de manière certaine. On pense aussi que plusieurs artistes à différentes périodes ont œuvré mais rien ne nous permet de distinguer la véracité de cette possibilité.


La partie habitée paraît fort fonctionnelle. Un autre puits de jour permettait à la fumée du foyer de s'évacuer tout en laissant aussi filtrer la lumière du jour. Les différentes alcôves pouvaient servir de chambres réservées à différentes activités : la taille du silex, le couchage, la réserve à provision par exemple... Et quand la guide vous dit qu'il coulait même une source dans cette partie, vous comprendrez mieux pourquoi cet abri fut occupé durant 60 000 ans !!! Neandertal y séjourna aussi. Les fouilles et le déblayement ont révélé plus de 15 000 objets ou silex : des outils, des bijoux, des pendeloques, des flûtes ect…


La particularité de l'entrée préhistorique est l'anneau creusé dans la pierre sur la roche du plafond et qui, on peut le supposer, servait à suspendre des peaux de bête. Les hommes se protégeaient sans aucun doute du froid qui régnait à l'époque, du vent glacial qui menaçait de s'engouffrer dans l'entrée, sans parler du fait qu'il leur fallait se protéger des prédateurs qui rôdaient la nuit en quête de proies.


On peut imaginer romantiquement que cette grotte représentait, en quelque sorte, un nid douillet pour nos ancêtres si l'on considère les conditions précaires de survie auxquelles ils étaient confrontés. Eau courante, ventilation naturelle et décorations pariétales, un concept très moderne pour cet igloo naturel de pierre calcaire où des hommes se réfugièrent, vécurent, naquirent, moururent aussi très certainement durant de nombreux siècles… et décorèrent une partie des parois de manière très impressionnante, si vivante et si touchante pour les sapiens-Sapiens que nous sommes !!! Pair-non-Pair nous donne envie de les imaginer dans ce décors naturel dont la simplicité touche à la perfection, vaquant à leurs tâches quotidiennes… Une visite à ne certainement pas manquer.

LES " PLUS " DE LA GROTTE

- Un bon accueil et une petite boutique avec des ouvrages préhistoriques
- Facile d'accès

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

Ouvert toute l'année sous réserve

Grotte de Pair-Non-Pair
33710 PRIGNAC-et-MARCAMPS

tél. : 05 57 68 33 40
Fax : 05 57 68 33 40

(AOUT 2003)


Patricia MILAN