LES GROTTES DE FOISSAC

Dernière étape avant l'Histoire

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OU SE TROUVE-T-ELLE ?

Dans l'Aveyron, bien sûr !!! Entre Figeac et Villefranche-de-Rouergue, en plein pays aveyronnais et si vous l'oubliez, on vous le rappellera, soyez-en certain… Bien que la grotte fut habitée à de nombreuses périodes de la Préhistoire (depuis le Moustérien), la visite se concentre sur la période chalcolithique, c'est à dire juste avant l'âge de bronze, il y a à peu près 4 500 ans. A cette époque, élevage et agriculture font déjà partie du quotidien de l'homme. Une organisation sociale certaine aussi… Les populations se regroupent en hameaux mais les cavernes sont encore utilisées. On y exploite l'argile, on s'en sert de cave ou de grenier et même… de cimetière !!!

QU'Y VOIT-ON ?

On ne visite qu'une partie restreinte de cette immense grotte qui contient plus de 9,5 kms de galeries, la plupart du temps inondées. De l'entrée actuelle, on remonte en fait vers l'entrée préhistorique et on suit le cours de la rivière à 22 mètres de profondeur.

L'accès préhistorique ayant été obstrué il y a 4 800 ans, il fut relativement facile de dater le matériel retrouvé sur place. Des empreintes de pied d'un enfant de 6 à 7 ans sont encore visibles. De plus, à la fin de l'époque glaciaire, plusieurs accès furent colmatés. Quatre facteurs rentrent en ligne de compte : la présence de la faune, ce que la rivière a drainé, ce que l'homme a amené et enfin, ce qui a chuté dans les avens.
Et comme vous dira le guide, à la base de ces cheminées bouchées, les chercheurs ont trouvé un peu de tout : de la mitraillette de la seconde guerre mondiale aux ossements de mammouths !!!

Côté minéralogique, on est gâté ; belles concrétions, draperies et particularité de cette grotte, des " bulles " de concrétion se sont formées à la base des stalactites, comme sur le plafond de cette salle aux tons ocre, gris et blanc qu'elles tapissent et offrent un décors tout à fait surnaturel, lunaire dans le style art décoratif des années 70 (interprétation tout à fait personnelle !!!).

Enfin, on arrive à une carrière d'argile et sur la zone d'extraction, on aperçoit encore les stries sur la paroi, faites par la main de l'homme avec un outil, peutêtre une simple stalagmite arrachée. Ici, les foyers qui ont été retrouvés, ont donné des précisions sur le mode de vie des visiteurs préhistoriques de la grotte, mais on suppose que leurs activités y étaient ponctuelles (de 1 à 2 h) à cause de l'enfumage des feux de bois. Des sépultures se situent non loin de là.

En effet, on a retrouvé 45 corps dans cette grotte, tous dans des positions différentes, ce qui ne permet pas une interprétation aisée des rites funéraires de nos ancêtres. Les morts étaient généralement enterrés sous des dolmens en ces temps reculés. ( et il y en a une dizaine sur la commune)

Tout d'abord, une femme, allongée sur le dos, les deux bras repliés sur l'abdomen, la jambe gauche pliée sous celle de droite. Elle mesure 1,50m et est âgée de 45 ans. L'espérance de vie étant assez restreint à l'époque, on peut dire qu'elle était déjà assez âgée lors de son décès. Après étude des ossements, on s'est aperçu qu'il ne lui restait plus qu'une seule dent, cariée qui plus est et qu'elle souffrait aussi d'une épouvantable arthrose cervicale. Son corps fut déposé peu de temps après sa mort ainsi que des offrandes carnées (côtes et crâne de cochon).

Ensuite, vient la mascotte du site " Arthur ", un homme d'une trentaine d'années, allongé dans la position fœtale. Mesurant 1,70 m, c'était un robuste gaillard. Mais ce pauvre garçon était doté d'une dentition plus importante que la normale. En outre, à sa mort, il n'arborait plus que 17 dents, toutes entièrement cariées. Pour compléter ce tableau idyllique, il faut préciser qu'il était prognathe et embelli par un enfoncement frontal crânien. Peutêtre aurait-il plutôt fallu le rebaptiser Quasimodo !!! Un fait très intéressant : il avait subi une opération dentaire. En effet, un trou béant probablement fait à l'aide d'un burin est encore visible sur le haut de sa mâchoire.

Le guide nous rappelle que les opérations et les trépanations étaient d'usage relativement courrant. En effet, on a retrouvé dans la région, 96 crânes trépanés au même endroit. S'agissait-il de rituels ? En Egypte, c'était là un acte honorifique pour les militaires en fin de carrière… Mais pour ces " aveyronnais " préhistoriques, en était-il de même ?

On pénètre ensuite dans la salle située tout près de l'entrée préhistorique, lieu de stockage des denrées alimentaires, où sont exposés une meule à grain et des poteries : 2 beaux silos à grain, une céramique avec ses anses et le fond galbé. Ces poteries sont toutes en finesse. Le tour n'ayant pas été encore inventé, elles ont été confectionnées grâce à la technique du modelage et au colombin, polies, puis cuites sur un feu ouvert.
Encore, de belles empreintes digitales sur une extraction d'argile sont apparentes. Et à noter que 42 kgs d'ossements d'animaux ont été répertoriés, essentiellement du cochon domestique, ce qui laisse penser qu'il était consommé majoritairement.

LES " PLUS " DE LA GROTTE

Le Parc Préhistoire de Foissac

Quoique la grotte soit privée, son billet d'entrée vous donnera accès au Parc et au Musée, gérés par la mairie et situés juste en face, il suffit de traverser la route !!!

A l'entrée, vous tomberez nez à nez avec une araire, l'ancêtre de la charrue dont on a retrouvé des gravures sur roche dans la vallée des Merveilles.

LE MUSEE

Vous trouverez dans ce lieu toutes les explications archéologiques de la grotte sur la géologie, l'iconologie (étude des empreintes) et la tracéologie (étude des traces microscopiques générées par l'usage des outils).

De plus, sont exposés des pièces retrouvées dans la grotte, tels que des poteries, des pointes de flèches en silex tout à fait remarquables, des haches en pierre polie magnifiques dans leur gaine en bois de cerf, des fusaïoles en terre cuite…

Mais aussi des parures : colliers en dents de sanglier, parures en coquilles marines, perles en bois de cervidé.

Des outils : poinçons, grattoirs, silex taillés… La reproduction d'un arc grâce à une armature retrouvée accompagnée des flèches.

Des animaux empaillés, un très beau et complet squelette de lion des cavernes, une dent de mammouth… Autant de témoignages de la vie quotidienne des hommes du chalcolithique.


LE PARC

Beaucoup de choses à voir aussi. Idéal si vous avez des enfants… et surtout en juillet et août.

On a reconstitué :

- un four à galettes de céréales. En effet, l'engrain (blé rustique), le blé amidonnier (blé dur), le froment et l'orge nu et vêtu étaient déjà cultivés ainsi que des légumineuses : lentilles, petits pois, fèves… le lin, également cultivé, servait au tissage.


- un atelier des artisans. Il s'agit d'une hutte avec un coin aménagé d'outils pour la taille du silex, la métallurgie du cuivre (avec soufflet en peau de bête, au sud de l'Aveyron, il y a des mines de cuivre), la confection des filets de portage (sorte de point " chaînette " mais sans nœuds)… Des ateliers sont ouverts en été.


- une maison d'habitation. Construite en torchis d'argile (issu des carrières de la grotte), couverte de chaume. A l'intérieur, la couche, le foyer surmonté du pare-feu pour sécher les viandes, les vases à provisions, une houe ou sarclette, des bâtons à fouir, une meule à farine, un fuseau, un métier à tisser etc…

 


- un grenier sur pilotis.


- un jardin chalcolithique. Y sont cultivés les céréales et légumineuses citées plus haut.


Au fond du parc, vous verrez des aurochs et des cerfs en semi-liberté. Cependant, on sait que l'homme domestiquait en cette fin du Néolithique, le porc et le bœuf. S'agissait-il d'animaux sauvages domestiqués tels que les sangliers ? En effet, le mouton et la chèvre sont d'abord apparus au Moyen Orient et on ne sait pas exactement comment ils sont arrivés en Europe.

Vous pourrez également suivre le sentier botanique et généalogique, aller voir où se situait l'entrée de la grotte préhistorique, et la perte de la Jonquière (endroit où la rivière rentre sous terre, limite entre le terre-fort et le causse) …

Enfin, l'été, des repas préhistoriques sont proposés : Hydromel, œufs de caille, viandes de porc ou d'agneau grillées, lentilles, fromage frais au miel, galettes de céréales… Tout un programme.Et si ce n'est pas encore suffisant, vous pourrez faire le tour des 6 dolmens de la commune en suivant un circuit de 2h à pied. C'est tout ?

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

Tél. 0565647704
Fax 0565808728 E-mail : Grotte.de.Foissac@wanadoo.fr

 

(MAI 2003)

PATRICIA MILAN

 

DERNIERES DECOUVERTES

Des peintures préhistoriques datant du Paléolithique Supérieur ont été mises à jour dans une salle. Cette grotte devient donc ainsi la première grotte ornée du département comme l'a annoncé la Direction régionale des Affaires culturelles de Midi-Pyrénées (DRAC).

La découverte a été effectuée le 13 décembre 2006 par deux spéléologues Alain et Sébastien Du Fayet de la Tour sur une parcelle appartenant à la Fédération Française de spéléologie, près de Foissac, au nord-ouest de l'Aveyron.

Cette découverte faite par le père âgé de 60 ans et son fils, 28ans, qui se déclarent " passionnés de Préhistoire ", a été authentifié par les agents de la DRAC. Ces dessins se situeraient entre 30 000 et 12 000 ans avant notre ère, mais une étude détaillée permettre d'affiner cette datation.

Les peintures et gravures, découvertes dans la salle de la grotte Foissac, baptisée salle François-Rouzaud, sont peu nombreuses mais révèlent une " forte originalité " .

Il s'agit notamment de deux bisons peints en noir de 0,70 m de long, d'un aurochs, d'une ensemble de petites têtes et de panneaux gravés.

La fragilité de certaines pentures, leur état de conservation et la grande difficulté d'accès et de circulation dans cette salle très basse, sur un sol glissant et en forte déclivité, interdisent toute ouverture au public.