LA
GROTTE DEL PINDAL
Juste au bord du Grand Maître
OU SE TROUVE-T-ELLE ?
Ce n'est pas si souvent que nous avons l'occasion de visiter une grotte si proche de l'océan. Une balade à pied jusqu'à la grotte del Pindal est recommandée car le paysage est de toute beauté. Du petit village de Pimiango, nous traverserons un vaste plateau côtier en direction de la mer. Les falaises surplombant l'eau, tombent à pic dans celle-ci sur une quinzaine de mètres; un surprenant belvédère sur le bas-côté de la route vous permettra même d'admirer le paysage des vagues qui viennent sauvagement s'écraser sur la roche. Par jour de tempête, le vent joue des symphonies dans les forêts d'eucalyptus traversées. Quand nous apercevons le pittoresque phare de la Tina Mayor, nous ne sommes plus très loin. La grotte se trouve 300m à droite avant d'arriver à celui-ci, dans une entaille naturelle de la falaise. Il suffit de suivre alors un petit sentier perdu dans les buis, les chênes verts et les arbouses, parsemé de colchiques et de lapiaz. Une série de marches descendantes nous fait accéder à une plate-forme face à l'océan où s'ouvre la large entrée de la grotte del Pindal.
QU'Y VOIT-ON ?
La grotte
est électrifiée. Il s'agit d'un sanctuaire et aucune trace d'habitation
n'y a été retrouvée. Nous accédons à l'intérieur
par une série de marches abruptes et glissantes qui descendent dans une
vaste galerie obscure à la roche rendue brune par l'oxyde de manganèse.
Au premier tournant, retournez-vous pour admirer cette inquiétante bouche
ouverte
Long
de 360m et large de 20m vers le milieu, cet étrange boyau se rétrécit
à son extrémité. Cet immense tunnel souterrain est bien étrange
et nous sommes loin ici de l'intimité chaleureuse de certaines grottes.
La plupart des figures se trouvent sur la paroi droite. En effet, elle offrit
la possibilité naturelle aux artistes d'effectuer de larges panneaux à
décorer.
La paroi de gauche est du reste beaucoup moins accessible mais nous y admirerons
sur un plafond sous lequel il faut s'allonger, une très jolie tête
de cheval peinte à l'ocre et aux fins traits magdaléniens. Il
existe d'autres figures sur cette paroi mais qui ne seront pas montrées
à cause des difficultés citées plus haut (animaux et signes).
En partant du fond et en remontant vers l'entrée, la paroi de droite
commence par un magnifique éléphant tourné vers la
gauche. De profil, l'animal qui mesure à peu près 50 sur 50cm, présente
un front bombé, une longue trompe verticale recourbée à sa
fin vers l'intérieur, une seule petite défense, une patte avant
et une patte arrière terminées par des pieds arrondis. Sa petite
queue pend au bout du fouet légèrement marqué. A la place
du cur, une tache rouge donne une note très touchante à
l'animal. S'agit-il plutôt d'un mammouth ? Sans toison et sans grandes défenses,
il ressemble plus à l'éléphant antique, encore présent
en Cantabrie à l'époque aurignacienne. Cependant, un doute subsiste
et les avis différent !!!
En poursuivant, en hauteur, se trouve un poisson gravé de 50cm environs.
Probablement un thon datant du magdalénien avancé. Un éléphant
puis un thon, voici un lot de surprises rares et inattendues qui nous enchante.
Beaucoup de ponctuations courent le long de la paroi, à l'horizontal
Une ligne de 21 tâches rouges suivies de 3 points noirs, puis encore
de 4 rouges. A noter qu'elles ornent souvent des pendentifs naturels de la
roche.
Arrivent ensuite une biche galopant vers la droite de l'époque
solutréenne, peinte en rouge, superposée à de fines gravures
de lecture difficile. En dessous de celle-ci, 2 petits signes claviformes noirs
et un grand bison peint et gravé qui appartient probablement à
l'époque d'Altamira. Toutes les figures ne peuvent être décrites
tant elles sont nombreuses, superposées et souvent mal discernables.
Cependant, le panneau central nous laisse sans voix :
- un cheval
gravé au repos tourné vers l'entrée dont le détail
des oreilles et des pattes est tout à fait remarquable
- au-dessous,
dans une conque, une série de points rouges multiples
- à
côté, 6 impressionnants claviformes rouges telles des massues
se distinguent en vedette sur un large pendentif
- Au-dessus, un massif
bison finement gravé, peint en rouge de la queue au front seulement,
avec 3 traits symboliques au-dessus de son chignon, son il ciselé
est pupillé d'une tâche rouge également (époque magdalénienne)
- face à lui, une tête de cheval inachevée de couleur
rouge et de ce même trait large que celui qui souligne le dos du bison qui
précède et l'intégralité de celui qui suit, courant
vers l'entrée, barbouillé, aurait-on envie de dire
- au-dessus
encore, 2 autres bisons dos à dos, gravés. Celui tourné
vers la droite laissant apparaître du rouge cerclé de noir au fanon
et à la tête rappelant étrangement les polychromes d'Altamira.
Pour finir, à noter que les derniers pendentifs sont ponctués de points et de traits. Peut être des signes à connotation sexuelle et qui rappellent ceux de l'Aurignacien au Périgordien, comme le dit un expert aux simples visiteurs que nous sommes.
Différentes époques sont donc représentées dans cette caverne selon le style et les méthodes employées par les artistes. Comme toujours l'interprétation des uvres demeure un mystère en dépit des indices qui nous permettent pourtant de comparer et de dater celles-ci. Des règles absolues et des exceptions permanentes qui nous ramènent aux quelques vers d'Omar Khayyâm : " Nadie puede comprender lo misterioso. Nadie es capaz de ver qué se esconde bajo las apariencias. Todas nuestras moradas son provisionales, salvo la ultima : la tierra."
RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
Ouvert
toute l'année
Fermé le lundi et le mardi
tél. : 608
175 284
(OCTOBRE 2003)

En face de la grotte...