LA GROTTE DEL CASTILLO

Un pèlerinage incontournable

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OU SE TROUVE-T-ELLE ?

Il s'agit là d'une grotte majeure, située dans l'ensemble paléolithique du mont del Castillo à Puente Viesgo (voir indications à la grotte de Las Monedas). Nous apercevons sa porte d'entrée sous un bel abri sous roche, juste derrière la billetterie ainsi que les fouilles et la série de stratigraphies qu'il faut traverser pour y accéder et sur lesquelles le guide vous donnera toutes les explications utiles. Découverte en 1903, la visite générale ne nous permet de voir qu'1/10ème des œuvres qu'elle renferme sur 760 m de galeries environs. C'est peu me direz-vous, mais cette grotte magistrale qui fut ornée de - 40 000 à - 10 000 ans, requiert plusieurs visites tant son patrimoine est important. Toutefois, vous ferez une première visite de ces lieux des plus passionnantes et vous y découvrirez des merveilles totalement inédites !!!

QU'Y VOIT-ON ?

Il n'est pas aisé de décrire une telle Caverne d'Ali Baba !!! Tout d'abord, nous pénétrons dans une vaste salle. Nous remarquons qu'il y a peu de concrétions et que la paroi est constituée de ce curieux calcaire vermiculé qui tapisse aussi d'autres grottes (Covalanas par exemple). Cet aspect est insolite, la matière paraît déjà " travaillée " par la main de l'homme alors qu'elle est entièrement naturelle.

En descendant tout de suite à droite, nous suivons les premiers dessins (des mains négatives ocres datant de l'Aurignacien, puis 2 biches, une noire, l'autre rouge datant du Gravettien) qui semblent nous guider naturellement vers un panneau extravagant qui s'ouvre largement sur une cavité basse. Dans la partie haute, un grand cheval rouge de 2 m nous salue au passage ainsi qu'un gigantesque bison de relief naturel et dont seule la tête a été peinte en rouge avec une biche à sa base. Encore une belle main négative sous une encoche murale… A ce niveau, et daté du Néolithique, le dessin d'un humain très schématisé (tête, tronc, membres) a été ajouté par l'un des derniers visiteurs de la grotte.

Au-dessus de cette cavité, un très beau bison rouge bien planté sur ses pattes postérieures, en arrêt, la queue levée en arc de cercle, accompagné de plusieurs mains négatives rouges aussi, qui disparaissent sous le plafond de celle-ci. Nous voyons encore des cerfs, un bison polychrome superposé à d'autres biches, des mains négatives jaunes. En entrant sous la cavité, tête baissée, et plus profondément, nous découvrons un plafond couvert d'une ribambelle de signes cruciformes, rectangulaires, des aviformes, des tectiformes, des ponctuations… Incroyables !
Puis, nous rencontrons même un sanglier et plus loin, dans une alcôve naturelle, une très belle main rouge en négatif aussi isolée que cette tête de cheval accompagnée dessous par une petite biche.

En continuant vers la Galerie des Mains, sous peine de ne pas la remarquer, vous demanderez au guide de ne pas oublier de vous montrer une des curiosités de la grotte. Il s'agit d'un simple monolithe sur le bord du chemin. A première vue, rien de particulier. Cependant, la calcite a fortuitement modelé un bison en position verticale de profil. Pourtant, nos ancêtres s'y sont suffisamment attardés pour souligner au trait noir le dos par exemple, graver les cornes et même en polir une au-dessus de l'ensemble !!! Quant aux pattes, l'une se termine par un pied qui ressemble plus à un pied humain qu'à celui d'un animal. Même le sexe est visible. Voilà qui agrémente favorablement certaines hypothèses émises sur la possibilité de pratiques chamaniques durant la Préhistoire. En effet, cette sculpture naturelle transformée par la main de l'homme nous fait étrangement penser à un sorcier qui aurait enfilé une peau de bison sur ses épaules et nous ramène à plusieurs dessins d'anthropomorphes existant dans d'autres sites ornés ou même aux rites religieux de certaines tribus d'Indiens d'Amérique du Nord. A voir absolument.

Pratiquement face à cette colonne étonnante, dans une faille, nous avons le plaisir de découvrir une autre curiosité del Castillo. Il s'agit de signes énigmatiques que l'on nomme des campaniformes car ils font penser à des cloches qui seraient séparées (ou fendues) par un trait en leur milieu. Ces " grosses cloches de Pâques " sont rouges et au nombre de 5. Au beau milieu de celles-ci, un autre signe est dessiné en noir, tout aussi mystérieux que les autres : un trait vertical terminé à son extrémité supérieure par d'autres (9) traits. Il pourrait faire penser à un végétal. S'agit-il de portes fermées sur un autre monde et d'une clef pour les ouvrir?

En poursuivant notre promenade, en hauteur, nous remarquons 2 bisons qui se suivent. Un grand et un petit remarquablement bien profilés qui semblent nous accompagner silencieusement. Encore, dans une cavité, en teinte plate noire, une très belle tête de cheval paraissant émerger de la paroi. A l'entrée d'une faille, une série de ponctuations rouges et la partie postérieure en vertical d'un cheval noir qui disparaît dans celle-ci avec une gravure de la tête d'un bouquetin. La tête d'une vache qui crache du sang par ses naseaux et dont la croupe pourrait aussi bien appartenir à un autre animal émergeant et disparaissant tour à tour dans les murs.

Dans ces parties plus profondes, les salles sont ornées de concrétions dans les tons ocres, certaines sont hautes ou plus intimes, parsemées d'une multitude de coins et de recoins. C'est un très beau spectacle que celui qui nous est offert là par Dame Nature.

Nous arrivons enfin dans une longue galerie couverte de griffades d'ours et ponctuée de points rouges peints au doigt s'étalant sur une vingtaine de mètres de long. Il y a aussi des signes, un cruciforme noir et sur la même paroi le très fameux " éléphant-mammouth " qui soulève encore bien des interrogations quant à sa véritable nature.


Soudain, une fracture dans la paroi nous surprend. Pas de dessins, sinon une rangée verticale de points rouges sur une colonne à l'entrée. Etait-ce là le lithophone principal de la grotte ? Non loin, au bout de cette galerie, la dernière salle qui ressemble à un merveilleux jeu d'orgue stalagmitique nous y fait penser. Il paraît que l'acoustique y est très bonne et que le son de ce tambour préhistorique (s'il s'agit bien de cela) aurait pu retentir dans toute la cavité. Comment ne pas laisser divaguer un instant notre imagination et laisser poindre les images qui nous viennent directement à l'esprit : celles de cérémonies où la musique et les chants auraient été pratiqués. Certains indices nous permettent effectivement d'en émettre l'hypothèse (la flûte en os de vautour d'Isturizt, pour ne citer que cet exemple).
De nos jours, il existe des musiciens qui ont imaginé une musique du Paléolithique. En utilisant les lithophones associés à des flûtes, des sifflets, des rhombes, des tambours de bois et des chants dans l'espace des cavernes, ils ont même sorti un disque " Le chant des pierres ".

La visite se termine sur cette note musicale. El Castillo fut sans doute une grotte destinée à recevoir des assemblées constituées de nombreuses personnes. Ce public, c'est nous aujourd'hui qui le composons et c'est ainsi que nous honorons encore l'âme de nos ancêtres.

LES " PLUS " DE LA GROTTE

Derrière la billetterie se trouve un petit complexe audiovisuel qui vous permettra de consulter le bestiaire et toute l'œuvre picturale des différentes grottes del Monte Castillo.

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

- De mai à septembre : de 10h00 à 13h00 et de 16h00 à 19h30
- D'octobre à Avril : de 9h30 à 15h55
- Fermé le lundi et le mardi
- tél. 942 59 84 25

" Le Chant des Pierres Sacrées " Contact c/o Philippe Claerhout - e-mail : alfonso.claerhout@libertysurf.fr

(OCTOBRE 2003) PATRICIA MILAN