La grotte de Covalanas

Biche Oh ! ma biche...

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OU SE TROUVE-T-ELLE ?

Il ne fait aucun doute que vous allez adorer la très charmante grotte de Covalanas qui se trouve en région cantabrique et plus particulièrement dans l'Alto Ason. A quelques kms de la sortie du village de Ramales de la Victoria, en direction de Burgos, la route serpente entre les montagnes jusqu'à un col. Vous allez découvrir là, une petite grotte " légère ", " aérienne ", originale, de l'époque solutréenne et totalement atypique à bien des points de vue…Sur le versant du mont del Pando (ou de la Haza), on laisse sa voiture sur le bas côté de la route (c'est indiqué et comme repère, il y a la petite cahute des guides), puis on monte à pied un sentier à flanc de montagne pendant une dizaine de minutes jusqu'à l'entrée de la grotte. Le paysage montagneux alentour est stupéfiant mais très apaisant aussi. C'est l'Espagne, la Cantabrie, l'influence de l'Océan tout proche et ça se sent…

QU'Y VOIT-ON ?

Par l'entrée préhistorique, nous pénétrons d'abord dans une salle de taille moyenne où nous nous habituons peu à peu à l'obscurité. En effet, la grotte n'est pas électrifiée. Nous marchons sur le sol d'origine. Bien qu'aucune trace d'habitation, ni mobilier, ni ossements n'ont été retrouvés, nous apprenons que la grotte fut visitée aux temps médiévaux et qu'elle servait de cachette aux bandits qui pillaient les caravanes venant de l'Océan, en route vers la Castille. Elle fut redécouverte en 1903.


Covalanas a plusieurs particularités et non des moindres : un seul artiste droitier, des biches comme thème majeur des peintures, l'emploi de la technique du pointillé au doigt ou au tampon (il existe toujours une controverse à ce sujet), une seule couleur (le rouge obtenu grâce à un minéral d'oxyde de fer : l'ocre)…


Nous empruntons une faille étroite et sur notre droite, nous rencontrons très rapidement les 2 premières biches. Leur cou est très long et très gracile. Au niveau des pâtes antérieures, un trait vertical sépare l'abdomen de l'animal de son torse. Une division voulant exprimer une différence de pelage ? Quoiqu'il en soit, tous ces petits points accolés les uns aux autres donnent une expression presque enfantine à ces dessins…


Puis, un groupe de 4 spécimens dont un tourne gracieusement la tête vers l'arrière. A l'arrière plan, viennent une femelle suivie d'un mâle. Ces deux groupes sont séparés par une faille qui dessine un grand trait noir sur la paroi. A proximité, certains animaux sont juste ébauchés. C'est une scène bien surprenante pour laquelle nous pourrions imaginer plusieurs scénarios : le mâle et la femelle descendent de la montagne en suivant un chemin qui longe le bord de la faille. Les autres animaux, de l'autre côté de celle-ci, donnent l'impression de sortir d'elle comme d'une rivière invisible, les têtes tournées vers l'entrée de la grotte. Que regardent-elles ? Qu'attendent-elles au juste? Les modestes visiteurs que nous sommes ?


Un peu plus loin et du même côté, un magnifique cheval. Sa tête est merveilleusement dessinée et sa crinière vole au vent. Il est entouré de 4 têtes de biches dont deux se perdent sous la calcite. Il semble vouloir s'élancer avec nous jusqu'au fond de la caverne, c'est à dire 30 m plus loin… Cependant, on n'a rien retrouvé sur les murs plus en avant.


Sur la paroi en face, une ouverture naturelle révèle une petite diaclase parallèle à la faille où nous nous trouvons ; comme une porte accueillante et décorée ! En nous glissant à l'intérieur de ce diverticule, nous découvrons d'autres peintures. Toujours à l'ocre rouge : 2 biches au-dessus de l'entrée de ce cabinet, faces à une autre, très expressive, très vivante. Son museau est fin. Son cou est tendu vers l'avant. Deux traits simples expriment les oreilles (qui ressemblent à des antennes comme celles d'un escargot !!!). Le modelé du ventre entièrement suggéré grâce au modelé naturel de la roche est séparé de l'avant de l'animal par un trait rouge. Le style est simple, naïf même, très stylisé. Le tout est accompagné de signes rectangulaires, entre autres. Etrange mais on se sent à l'aise dans cet endroit restreint et intime.


Plus loin, en reprenant la faille principale vers l'entrée de la grotte, dans une alcôve, une figure hybride. La lecture est difficile ; encore 2 biches l'une au-dessus de l'autre et dont nous distinguons parfaitement l'œil ; beaucoup de délicatesse.
Non loin, la dernière figure est un magnifique taureau. Il court vers l'entrée de la cavité. Sa queue est soulignée d'une courbe superbement arque-boutée. Son dos suit les contours naturels de la paroi. Toutes ses articulations sont distinctes. C'est un animal puissant.


Si vous effectuez la visite dans ce sens de " va et vient ", vous entrez avec le cheval et la plupart des biches et vous ressortez avec le taureau et la plupart des biches aussi. Les biches flottent dans l'air printanier de cette cavité, bondissant d'une paroi à l'autre dans la fraîcheur de la semi-obscurité. Elles nous escortent tout au long de notre " visite-voyage " de leur tendre présence, de leur éternelle beauté et de leur frêle jeunesse.
En tous les cas, l'œuvre d'un artiste d'une sensibilité très particulière et qui ne peut laisser indifférent.

LES " PLUS " DE LA VISITE

Un très bon guide Pentxo qui est aussi l'auteur d'un ouvrage en espagnol sur la grotte.

LES " PLUS " DE LA GROTTE

La visite de la grotte del Miron, bien entendu, à effectuer avec l'épouse de Pentxo, également guide!!! Et elle sera un très bon complément à votre première visite car cette cavité fut habitée par l'homme… Sur la roche, des lichens et les traces noires de feux de bois faits par les gitans venus s'y réfugier… Le plafond est demeuré blanc et lisse.
Elle se trouve juste en dessous de Covalanas, à quelques minutes à pied. Acuellement, elle n'est plus habitée que par les hirondelles mais les deux stratigraphies révèlent une occupation humaine depuis fort longtemps !!!! Orientée à l'Ouest, elle jouit de beaucoup d'heures d'ensoleillement et c'est un point stratégique d'observation des vallées.
La première stratigraphie fait 3 ou 4 m de profondeur mais le sol le plus ancien se trouve enfoui à 16 m de là. Il fut protégé par 2 cabanes construites au-dessus qui servaient d'abri pour les troupeaux et dont on peut encore voir les traces.
Une 2ème stratigraphie a révélé 30 000 éclats de silex (origines diverses), du mobilier, des outils divers, des feuilles de laurier, mais aussi des traces datant du Moustérien…des restes de saumons qui ont permis une étude poussée sur les gènes des salmonidés. Des pierres d'argile sur un bloc avec des gravures de 14 000 ans. Pas de restes humains sauf des dents.

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

Cuevas prehistoricas de Ramales
39800 - Ramales - Cantabria

Tél : 942678328
Fax : 942646504

(OCTOBRE 2003)

Vue de la grotte de Covalanas



PATRICIA MILAN