LES GROTTES DES COMBARELLES
De la poésie à fleur de roche

OU SE TROUVENT-ELLES ?
En Dordogne, à 1,5 km du village des Eyzies-de-Tayac en direction de Sarlat, nous allons à la rencontre de ces admirables grottes, respirer leur parfum de jouvence.
Au fond d'un petit vallon, la maison troglodyte des guides est facilement repérable ; devant elle, s'étend un grand pré. Juste à côté, le porche qui servit longtemps d'étable à cette petite ferme du 19ème siècle, présente deux entrées, une pour chacune des deux grottes.
Hélas, pour des raisons de conservation du milieu extrêmement fragile, nous ne pouvons en visiter qu'une, aménagée à cet effet, malgré les difficultés que cela représenta car il s'agit d'une galerie très étroite. De plus, il a fallu abaisser le sol d'environ un mètre sur les 300 mètres qui composent l'ensemble de la galerie.
Toutefois, malgré l'étroitesse des lieux qui nous oblige à nous tenir souvent courbés, nous ne sommes plus obligés de ramper pour y accéder et y circuler, comme les Magdaléniens durent le faire, ainsi que les " inventeurs " de cette cavité dans les années 1900.
La largeur de la galerie est de 80 cm en moyenne et comme entrée en matière, cela nous donne une idée plus précise de la peine que se sont donnés les artistes pour orner ce lieu si particulier, mais encore plus, de leur farouche volonté à le faire.
QU'Y VOIT-ON ?
Il n'existe pas de visite " type " des Combarelles. Nous pouvons y retourner de nombreuses fois sans revoir les mêmes gravures Et cela pour une raison très simple: après avoir parcouru les 160 mètres qui nous séparent de l'entrée, il n'y a pas un seul centimètre des parois qui ne soit pas couvert par un trait ; de nouvelles gravures sont découvertes régulièrement par les guides dont l'il aguerri sait en repérer toujours de nouvelles.
Ces guides très expérimentés se font un plaisir de nous faire découvrir à chacun de nos passages, de nouveaux plaisirs et de nouvelles merveilles inédites.
Il fut identifié à peu près 600 représentations figuratives ou/et signes.
Durant la période magdalénienne, le climat était froid et sec lorsque les artistes ont gravé et peint. Depuis, le climat étant devenu beaucoup plus humide, une exsudation a malheureusement lessivé les parois, ne nous laissant que quelques vestiges des couleurs qui recouvraient les gravures. En revanche, la calcite qui s'est ensuite déposée sur celles-ci les a fixées et imperméabilisées. Un mal pour un bien, nous pouvons le voir comme çà N'oublions jamais que les parois étaient blanches lorsque les artistes y ont travaillé et nous pouvons ainsi plus aisément imaginer la magnificence des lieux à l'époque.
Le bestiaire des Combarelles est très vaste et varié. Nous ne citerons ici que quelques-unes des plus fameuses gravures:
- le cheval de la découverte,
l'animal le plus représenté dans la grotte suivi de près
par le bison ;
- le mammouth à la trompe retournée ;
- la lionne.
Arrêtons-nous un moment devant le renne buvant, dans la partie profonde de la grotte et admirons le grand réalisme qui s'émane de cette gravure d'une grâce touchante ; son long cou se penche vers l'onde évoquée par une faille dans la paroi ; ses bois sont immenses. En regardant mieux, nous trouvons également, un ours, un rhinocéros, une biche, un âne, un loup, un renard, un poisson Et surtout, un méli-mélo invraisemblable de figures superposées les unes aux autres auxquelles est souvent associé une ribambelle de signes.
Les superpositions sont souvent organisées de manière à former plusieurs animaux, souvent de tailles et d'espèces totalement différentes. Par exemple, sous la lionne, une biche et un rhinocéros se superposent ou encore, un âne fut " bricolé " pour représenter une vache, puis un mammouth.
A noter un fait exceptionnel : la grande quantité de représentations humaines qui ornent les parois ; elles sont au nombre de 56.
Pour représenter la gente féminine, les corps ont rarement une tête et se bornent à la schématisation des formes : la poitrine, les fesses et les cuisses. Ces gravures de " type géométrique " sont parmi les plus récentes et datées de 12 000 ans. Nous trouvons aussi des vulves et des phallus, bien entendu. Les anthropomorphes se chevauchent parfois ; leurs visages tout comme leurs corps sont très schématiques, comme ce personnage " assis " ; ils sont parfois sexués.
Enfin, beaucoup de signes sont présents : le tectiforme " régional ", mais aussi d'autres, beaucoup d'autres Il est pensé que plusieurs générations d'artistes se sont succédées au fil des siècles.
Combarelles est un poème dont la compréhension nous fait défaut. Cependant, son message inconnu touche notre âme au plus profond. Ses vers riment avec notre inconscient et jouent sur la corde sensible de nos émotions. Elle nous interpelle du fond des âges pour que jamais ne soit perdue la mémoire de l'aube de l'humanité et conduit par la main, l'aveugle qui vit en chacun de nous. A voir et à revoir des dizaines de fois.
LES " PLUS " DE LA VISITE
- De très bons guides spécialisés et passionnés qui connaissent parfaitement la cavité dans ses moindres recoins : de la haute voltige !
RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
Tél. : 05 53 06 86
00 ou 05 53 06 45 45
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www.leseyzies.com/grottesornees
(Article écrit en Mai 2003 et réactualisé en Mai 2011).