L'ABRI DU POISSON / LAUGERIE-HAUTE
Rareté et Profusion

L'Abri du Poisson caché dans son nid de verdure...
OU SE TROUVENT-ILS ?
Ces deux sites forment une visite couplée. Ils sont situés non loin l'un de l'autre, sur la route en direction de Périgueux, à la sortie du village des Eyzies en Dordogne.
QU'Y VOIT-ON ?
L'ABRI DU POISSON
Dans ce petit vallon perpendiculaire à la vallée de la Vézère, on a retrouvé 6 abris sous roche (ainsi que des grottes). Ils furent habités par les Préhistoriques à différentes périodes (Aurignacien, Solutréen, Magdalénien) mais jamais tous en même temps. Découvert en 1853-1864, l'Abri Lartet/Christy fut un des premiers sites régionaux à faire l'objet de fouilles. Au début du 20ème siècle, celles-ci étant un passe-temps mais également un mode de vacances prisé, elles furent effectuées un peu n'importe comment, " au petit bonheur la chance " Et chacun se servit à son gré de ce qu'il y trouva, trop souvent pour son profit personnel.
L'Abri du Poisson ne fut révélé qu'en 1892 car il
était enseveli et donc bien caché. Il fut cependant un des premiers
sites ornés qui fut classé Monument Historique. En 1912,
le Musée de Berlin tenta de s'approprier la gravure du poisson qu'il renferme.
Les traces de cet " enlèvement " manqué sont encore visibles
: l'animal se trouve désormais dans un cadre creusé tout autour
de lui
Tout en déterminant ce cadre autour du salmonidé, on
a peut être bien, dans la foulée, détruit de précieux
détails. Aussi, il existait sans doute, plus en avant, un avant-train de
cheval et diverses gravures plus énigmatiques. Une main négative
peinte en noire a été repérée en 1975. Le plafond
était-il lui aussi entièrement peint de rouge et de noir comme semblent
l'indiquer quelques traces subsistant encore dans les interstices de la roche
? Quoiqu'il en soit, aux temps préhistoriques, c'était un endroit
ouvert, illuminé par la lumière et le soleil.
Il y a très peu de représentations de poissons dans tous les vestiges
d'art pariétal retrouvés à ce jour, une vingtaine peut être.
C'est donc une représentation qui retient tout notre intérêt
!!! Il fait 1,05m de longueur, c'est vraiment là une belle bête !!!
Il s'agit d'un saumon " becquart " à la mâchoire retroussée,
signe caractéristique du mâle épuisé par le frai.
A l'intérieur, un rectangle hachuré de 7 traits profonds. C'est une sculpture en bas relief ; le bec, l'il et l'ouïe sont gravées. Lui aussi fut probablement peint comme semblent l'indiquer les quelques traces de peinture rouge qui subsistent encore. On remarque des trous en ligne derrière l'ouïe et une bande au centre de l'animal ( ?). Vers la queue et sur le dos, à l'emplacement précis d'une nageoire caractéristique des salmonidés, il y avait un anneau de pierre. A quoi servait celui-ci ? Diverses hypothèses sont émises
L'abri fut daté en fonction des deux niveaux d'habitation retrouvés : Aurignacien et Périgordien. Sous l'action du gel, des morceaux de calcaire se sont détachés du plafond. Au-dessus de 25 000 ans, on n'en retrouve plus et après 25 000 ans, l'abri fut bouché par une coulée de boue et le poisson fut ainsi conservé et non détruit par le gel. Enfin, plusieurs interprétations sont émises quant au signe apparent sous le bec du poisson ; peut être une corne de rhinocéros ou bien encore une queue de bison.
LAUGERIE-HAUTE
Un
peu plus loin, au bord de la route qui mène à Périgueux se
trouve ce très grand abri sous roche. Des blocs de la falaise se sont écroulés
dessus, le laissant dissimulé à nos regards pendant des siècles.
Il s'agit de la stratigraphie la plus développée que l'on connaisse
à ce jour. Elle révèle une très vaste occupation préhistorique
à des périodes bien différentes (8 000 ans de Préhistoire
: de - 24 000 à - 16 000). Découvert en 1863, ce site fut fouillé
de manière verticale et il demeure un site de référence quant
à sa complétude en la matière !!! (32 couches différentes
ce qui ne veut pas dire qu'il s'agisse là de 32 occupations humaines différentes
et à périodes différentes). Les blocs de pierre qui l'ont
recouvert après - 16 000 ans ont tassé les couches, les mélangeant,
mais surtout les protégeant.
Très riche (presque trop !), ces
couches révèlent un matériel incroyable : des galets
rougis, des silex, des os, des dents en abondance
On pense qu'il s'agissait
là de haltes de chasse et peut être d'une résidence principale
car on a aussi retrouvé des objets provenant d'autres régions et
des Pyrénées notamment. Quelques photos sont exposées sur
les objets trouvés : pointes de sagaie, lampe de pierre gravée d'animaux,
pendeloque gravée, galets gravés de stries, bâton percé
avec deux mammouths s'affrontant
De plus, il est même tout à
fait possible que cet abri fut décoré car quelques morceaux de calcaire
sont gravés de traits
RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
Cette visite est donnée par des guides conférenciers du Musée des Eyzies, ce qui en fait toute sa qualité.
Réservations au 05 53 06 45 65
(JUILLET 2003) Patricia
MILAN