LE TUMULUS DE NEWGRANGE


Le nombril de la Terre d’Irlande

Centre d'Interprétation de Bru na Boinne

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OU SE TROUVE-T-IL ?


Le Tumulus de Newgrange se trouve en Irlande et plus particulièrement dans le Comté de Meath au nord de Dublin.


Nous entrons tout d’abord dans le Centre d’Interprétation qui est un bâtiment moderne comportant de nombreuses reconstitutions et informations concernant le tumulus, les objets retrouvés à l’intérieur, les pierres gravées qui le composent, le mode de vie des humains du Néolithiques etc.


Pour se rendre au tumulus, des navettes sont à la disposition des visiteurs.


Prévoyez au moins une demi-journée pour une visite complète.

 

Un peu d’Histoire…


Ce nom singulier lui fut donné à la fin du Moyen Age, car il était édifié sur des terres appartenant à cette époque à l’Abbaye Cistercienne de Mellifont.

Abbaye de Mellifont de nos jours


Mais pour les Irlandais, il est plus connu sous le nom de Bru na Boinne : « Le Palais de la Boyne » Il s’agit d’un nom d’origine celtique, issu de nombreuses légendes dont le pays est largement doté: Boan est le nom de la Déesse, maîtresse du Dagda et mère d’Oengus.


En effet, la tradition orale a longtemps prévalue sur la tradition écrite dans cette île qui ne fut peuplée que vers - 7 500 ans avant notre ère, durant la période Mésolithique, par des peuples venant probablement d’Ecosse et qui seraient entrés sur l’île par un bras de mer existant à l'époque et permettant de rejoindre à pied la Grande Bretagne à l’Irlande.


Cependant, n’oublions pas que les Celtes n’y accostèrent que vers - 250 ans avant notre ère. Les Gaëls constituèrent la dernière vague celte qui envahit le territoire irlandais et vers 400 ans de notre ère, la conquête gaélique était achevée. Ce peuple, avec sa culture et sa langue, allait dominer l’histoire irlandaise pendant presque 1 000 ans.


Ainsi, l’Irlande dans sa totalité, fut de culture celtique ou plutôt gaélique, avec une langue commune, un système légal commun et une monnaie commune basée sur la valeur du bétail.


Cette unité culturelle coexistait avec un militarisme endémique comme les «Tuatha», des clans qui se combattaient entre eux pour quelques arpents de terres, quelques têtes de bétail ou quelques esclaves. Il n’existait pas de centre politique fort, en dépit des revendications des différentes factions en guerre. L’Irlande gaélique était donc une culture… mais sans Etat.


D’ailleurs, les Gaëls ne bâtirent aucune ville. C’est ainsi que la société gaélique, involontairement, ouvrit ses portes à la plus grande intrusion dans son monde retiré : le Christianisme.


Concernant la langue gaélique, il existe donc de nos jours:


- le Gaélique Irlandais (autrement dit l'Irlandais): la première langue nationale d'Irlande 
- le Gaélique Ecossais: l'une des langues nationales de l'Écosse 
- le Gaélique Mannois (autrement dit le Mannois): l'une des langues nationales de L’Ile de Man


Ces trois langues dérivent du Vieil Irlandais, un idiome littéraire important, parlé entre le VIIIe siècle et le Xe siècle.


Le Vieil Irlandais (Sean-ghaeilge en irlandais moderne, Sen-ghoídelc en vieil irlandais) est le nom donné à la forme la plus ancienne de la langue irlandaise que l'on peut aujourd'hui reconstituer plus ou moins fidèlement à partir de sources actuelles. Elle remonte à la période comprise entre le VIe siècle et le Xe siècle et est l'ancêtre du Moyen Irlandais (ou Irlandais Médiéval)


Le Vieil Irlandais apparaît d'abord dans les marges de manuscrits religieux latins du VIe siècle. Un grand nombre de texte rédigés dans la forme primitive de la langue, bien que classés comme manuscrits de la période du moyen irlandais (comme le «Livre de Leinster»), sont essentiellement rédigés en caractères du Veil Irlandais.

Aujourd'hui encore, leurs ouvrages sont considérés comme des œuvres de référence par qui s'intéresse au Vieil Irlandais.

 


QU’Y VOIT-ON?


Newgrange fut le premier tumulus restauré et le plus connu avec ses 85 mètres de diamètre pour 12 mètres de hauteur. Il est bordé par un mur restauré, fait en blocs de quartz blanc parsemés de granits sombres d’un effet saisissant, reposant sur des dalles de chant dont certaines sont décorées de spirales et de losanges.


Les gens qui ont construit ce monument l’ont fait avec des outils de pierre, de bois… et leurs mains! Il est daté exactement de - 3 200 ans avant notre ère, soit au moins 600 ans avant la construction de la célèbre Pyramide de Gizeh en Egypte et 1 000 ans avant Stonehenge en Angleterre.


Le 4ème millénaire avant notre ère fut une période d’épanouissement de ce type d’architecture en Irlande.


Les pierres de cette construction auraient été récupérées dans une carrière à 50 km du tumulus.


Ce tumulus fut employé très longtemps durant la période Néolithique et aussi par la suite, puis un jour… il fut tout simplement oublié!

De nos jours, il est devenu une merveille de cette architecture néolithique et l’un des plus beaux monuments à visiter dans le genre.

 

L’Extérieur


Un tumulus est une masse de cailloux et de terre qui exerce une pression vers l’extérieur et il doit donc être renforcé par une bordure. Celui de Newgrange de part sa monumentalité, est renforcé par 97 pierres, mais son sommet se trouve toujours à un mètre du sol. Certaines pierres ont du être enfoncées pour ne pas dépasser et d’autres ont été surélevées par des petits cailloux.


Il est possible de faire le tour du tumulus à pied. Le paysage environnant nous apprend que Newgrange fait partie d’un vaste ensemble composé de trois monuments majeurs :


- Le tumulus de Newgrange
- Le tumulus de Knowth
- Le tumulus de Dowth


Ces importants tumuli apparaissent sur les collines environnantes, mais ils sont également accompagnés de plus petits monuments: il s’agit donc d’une très vaste nécropole néolithique.


Le tumulus est renforcé de «banquettes», la plupart étant gravées.

 


La pierre n°52 qui se trouve à l’opposé de l’entrée du monument, est faite principalement de cailloux, mais il y a des bandes de terre à l’intérieur qui permettent de stabiliser l’ensemble. Mais sous cette terre, se trouvent surtout des cailloux.


Cette pierre, baptisée n°52 est particulière. D’abord, elle présente de l’art mégalithique : des spirales, des losanges, des formes d’anneaux et puis, au milieu une bande verticale. Car en fait, ce tumulus est d’une architecture très complexe et un autre monument existe en dessous, ce qui est une découverte récente. Il s’agirait d’un autre tumulus composé uniquement de terre, dans lequel il y a peut-être aussi une tombe, mais il n’a pas été fouillé. Les bâtisseurs ont voulu peut-être symboliquement montrer ici, l’entrée du tumulus qui se trouve en dessous. Ceci n’est qu’une hypothèse pour l’heure.

La pierre n°52


En continuant le tour du monument, nous remarquons des pierres qui sont tombées avant la restauration du site. Ce monument a cependant été largement restauré et du ciment est même visible par endroits!


La plupart des fouilles ont eu lieu entre 1962 et 1975. Elles ont été menées par le Professeur O’ Kelly. C’est à lui que nous devons la restitution de ce monument. La plupart des «boules» de pierre sur le tumulus ont donc été remontées et la base qui était sans doute tenue par ces pierres de bordure, a été consolidée.


En fait, le professeur O’ Kelly a trouvé sur le sol tous ces blocs de quartz et de granit qui étaient tombés. Il a donc tout de suite pensé à un mur de soutènement qui se serait écroulé avec le temps. Cela dit, les archéologues actuels pensent qu’il s’agissait d’une mauvaise hypothèse. A quoi pouvaient donc servir ces boulets blancs ? Peut-être à un mur de soutènement sur l’arrière, mais le doute persiste…

 

L’Entrée


Quand nous arrivons sur le devant du monument, nous apercevons en premier lieu l'immense pierre qui constitue l’entrée du monument comportant cinq spirales gravées.


Une sorte de niche qui fait 70 cm de large sur 1 mètre de haut au-dessus de l’entrée fut découverte lors des fouilles de 1966. Cette niche a un sens très particulier: au-dessus du couloir, cette fenêtre aménagée permet au soleil d’éclairer le fond de la chambre funéraire le jour du solstice d’hiver.


Cette petite boite, niche ou fenêtre, le jour du solstice d’hiver, laisse passer un rayon de lumière qui venait se déposer sur les cendres des défunts. La symbolique de la renaissance paraît alors assez évidente.


A l’époque des fouilles, certains archéologues étaient dubitatifs concernant l’infiltration de cette lumière durant le solstice d‘hiver, mais de nos jours, il n’y a plus aucun doute sur ce fait.


Ce n’est d’ailleurs pas le cas du tumulus de Knowth, car à l’intérieur, se trouvent deux dolmens qui sont orientés vers les équinoxes. Peut-être les scientifiques ont-ils pu trouver une explication astronomique à ce genre de monuments, mais il existe de nombreux monuments dans le monde mégalithique avec des orientations différentes (en Andalousie, les orientations de certains tumuli se font par rapport au solstice d’été par exemple)


Que représentait le monde céleste pour ces gens qui ont vécu il y a 5 000 ans? Un fait est certain: ceux-ci avaient une appréhension de cet univers totalement différente de la nôtre.

 

 

L’Intérieur

L’accès à la chambre funéraire couverte en encorbellement se fait par un couloir de 19 mètres de longueur. Le chemin est étroit, insolite, entre les grands blocs de pierre dont certains sont gravés.

 


Cette chambre funéraire (qui ne se trouve pas en fait au cœur du tumulus, car elle avance au moins d’un tiers par rapport au centre du monument) est restée fermée au moins pendant 100 000 ans. Ce tumulus est du reste, le plus vieux bâtiment humain qui a conservé son toit tel que nous le connaissons aujourd’hui.


Autour de la chambre principale, se trouvent trois cellules latérales ou «absidioles», couvertes de dalles de pierre. Deux d’entre elles contenaient des bassins de pierre, de grandes coupes peu profondes et parfois décorées, dans lesquelles étaient déposés les ossements carbonisés des défunts.


Lorsque cette chambre fut ouverte, les scientifiques ne pensaient pas retrouver grand-chose, mais en fait, il y fut trouvé des cendres et des os humains qui n’avaient pas été cassés et il a été supposé que ces cendres avaient été déposées dans ces pierres en forme de bassins. Cela fut d’ailleurs assez vite prouvé. Il y avait cinq ou six adultes, mais il devait très certainement y en avoir beaucoup plus.


Au plafond, sont gravés des spirales, des chevrons, des losanges, des triskèles (du grec, signifie « trois jambes » représentant trois jambes humaines) que l’on retrouve aussi sur les pierres du couloir d’entrée.


En ce qui concerne la construction de la voûte, des pierres ont été posées les unes sur les autres en encorbellement avec une légère pente vers l’arrière, de telle sorte que lorsqu’il pleut, le tumulus est protégé.
Le fond du couloir fut aussi pensé comme cela par les architectes néolithiques: il fut découvert des petits canaux qui permettaient à l’eau de s’évacuer au-dessus des pierres. Les jours de pluie, il semblerait donc que l’étanchéité soit quasi parfaite depuis 5 000 ans!


Durant la visite, nous assistons à une simulation du solstice d‘hiver: un rai de lumière illumine la chambre funéraire. Pour pouvoir assister véritablement à ce phénomène naturel durant le solstice d’hiver, il existe en Irlande une loterie pour sélectionner les candidats: 27 000 personnes font la demande chaque année en moyenne, mais seulement 100 heureux gagnants sont sélectionnés. Bien entendu, rien ne peut garantir le fait que le ciel ne soit pas nuageux par malchance ce jour là !


Sur le sol, le rayon du soleil s’infiltre, qu’il y ait du monde ou pas dans la chambre funéraire. Le sol est un peu incurvé dans cette salle et le rayon passe de manière rectiligne. La rencontre des humains inhumés et du soleil se fait sur le mur du fond qui devient complètement illuminé. L’impression est magique car il semble que la lumière vient de la pierre elle-même!


Vers 9h50, l’obscurité revient dans la chambre. Cela ne dure que quelques minutes.


Nous n’avons aucune certitude sur les rituels qui ont pu avoir lieu dans ce tumulus, mais nous pouvons aisément imaginer que le rayon de lumière représentait un dieu solaire venant prendre le mort pour le ramener par la suite en une réincarnation par exemple, ou bien qu’il s’agissait simplement d’un calendrier solaire pour marquer le moment du solstice. Comme pour toute interprétation, nous devons rester prudents. Du reste, les trois monuments sont différents.


Ce monument fut occupé durant le début de l’Age du Bronze et nous avons des preuves de rituels à ce moment là.

 

LES « PLUS » DE LA VISITE


- la visite du Centre d’Interprétation tout à fait indispensable au complément de la visite


- une boutique de souvenirs


- un restaurant self-service

 

RENSEIGNEMENTS COMPLEMENTAIRES


Heures d’ouverture:


- De février à avril: 9h30 à 17h30
- Mai : 9h00 à 18h00
- De juin à mi-septembre: 9h00 à 19h00
- De mi-septembre à fin septembre: 9h00 à 18h30
- Octobre: 9h30 à 17h30
- De novembre à juin: 9h00 à 17h00


Fermé les 24, 25, 26, 27 décembre.


Il est indispensable de réserver.


Site Internet: www.newgrange.com


Patricia Milan (Août 2009)