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Dans la steppe enneigée, ta silhouette robuste se découpe au loin
Nous sommes à moins 100 000 ans avant notre ère
Et tu habites déjà dans nos régions lorsque nous arrivons en Europe

Ta lance à pointe massive mais superbement bien taillée à la main
Tu guettes, tu pourchasses quelque proie dans le froid polaire
Grand, très grand chasseur de rennes, de chevaux et de bisons que tu es

Ton visage peut nous paraître un peu étrange
Avec ton arcade sourcilière proéminente
Ton menton fuyant et ton large crâne

Mais tu es un humain à part entière, Homo Neanderthalensis
Tu es notre frère, notre cousin
Et jamais en aucun cas l'image de cette brute épaisse dont on t'a affublé

Merveilleusement adapté à ton milieu glaciaire
Tu vis en clan, tu as tes propres lois
Tu enterres tes morts, tu prends soin de tes blessés, même handicapés

Sans certitude, je crois que tu voues un culte à l'ours
Ton animal de prédilection dans lequel tu te reconnais
Fort et fier tout comme tu l'es, sauvage, indomptable, pacifique

J'entends ton langage composé de sons articulés et de gestes
Ton rire guttural, je plonge mes yeux dans ton regard un peu inquiet
Je respire ton odeur animale à travers tes épais habits de fourrure

Comment se fait-il que ta race se soit éteinte
Vers moins 25 000 avant notre ère ?
Nous retrouvons tes derniers témoignages au sud de la péninsule ibérique

Qui et qu'est-ce qui t'a poussé vers ces contrées très loin de chez toi ?
Ne t'es-tu pas adapté à de nouvelles conditions climatiques ?
Une maladie, un virus, une famine t'ont-ils décimé ?

Et nous, qu'avons-nous fait pour toi ?
T'avons-nous aidé ou t'avons-nous poussé hors de tes territoires ?
Pourquoi n'avons pas pu mêler nos deux humanités ?

Ho ! Comme je regrette qu'il n'y ait plus qu'une seule race sur terre !
Ton personnage hante mes rêveries quand je me réfugie dans ton ailleurs
L'envie de te rencontrer est immense, même si tu as disparu à tout jamais

Peut-être dans une autre vie, dans une autre dimension
Neandertal, mon ami, mon enfant imaginaire, mon égal
Tu viendras me prendre par la main et m'emmener dans ton monde oublié

Dans la steppe enneigée ta silhouette robuste se découpe au loin
Nous sommes à moins 100 000 ans avant notre ère
Près du foyer qui crépite dans la nuit, j'attends patiemment ton retour