LE MUSEE D’HISTOIRE NATUREL DE TOULOUSE


Science et conscience du vivant

 

Télécharger en Word


OU SE TROUVE-T-IL ?

Le Muséum est situé à l’entrée du Jardin des Plantes, allées Jules Guesde, sur le même emplacement que l’ « ancien » muséum. Sa réouverture date de début 2008 et une dizaine d’années de travaux furent nécessaires pour mettre en place, ce que nous pouvons appeler une véritable « renaissance » de ce site.

En effet, pour ceux qui ont connu l’ancien muséum ouvert en 1865, le changement est total. Adieu les vieilles collections poussiéreuses ! Dans des bâtiments de 6 000 m², nous allons découvrir des collections entièrement restaurées et une muséographie complètement repensée.

A l’extérieur, un jardin botanique doté de deux serres tropicales (sèche et humide) nous permettra de continuer votre visite de la manière la plus agréable qui soit.


QUI VOIT-ON ?

L’exposition permanente

En entrant dans le Muséum, nous sommes frappés par l’immensité du hall d’accueil où la reconstitution d’un squelette de quetzalcoaltus (le plus grand reptile volant de plus de dix mètres d’envergure) surplombe un éléphant d’Asie naturalisé qui trône au beau milieu du hall. Voici une entrée en matière impressionnante et qui nous incite à vouloir en savoir plus. Pour information, la billetterie se trouve au fond.


Nous commençons notre visite par cinq espaces thématiques mettant en évidence les relations liant l’Humain à la Nature.

Indéniablement, si au fil du temps, l’humain a su maîtriser son environnement, nous oublions souvent que notre planète nous a fourni l’essentiel de notre survie permettant ainsi l’évolution de nos civilisations depuis la Préhistoire.

Plusieurs vitrines nous présentent divers objets, roches, aliments, plantes, etc. qui ont contribué à la richesse de cette étroite relation avec notre environnement.
Parmi ceux-ci, notons au passage les plus surprenants concernant divers sujets:

- La magie : des larmes de Job, du datura, du pavot, un collier à amulettes…
- La fécondité : de la mandragore, de la corne de rhinocéros, du ginseng…
- La séduction : de la rose à soie, du blanc de baleine, de la myrrhe…
- Les poisons et les remèdes : de la cigüe, du curare, du colchique…
- Les aliments : huile, épices, sucre, thé, tubercule, sel, eau, œuf…

Ainsi, nous apprenons au passage que le manioc, l’igname, la patate douce et la pomme de terre sont des tubercules qui nourrissent encore de nos jours, 4/5ème de la population mondiale.

De belles pièces assez insolites sont exposées et elles attisent notre curiosité. Par exemple :

- un masque Ejbmua symbolisant l’acquisition d’un statut au sein d’un clan;
- l’herbier du botaniste et des bambous gravés évoquant la connaissance et l’écriture ;
- un carquois, un boomerang, un filet de pêche, un sac à miel… armes et outils qui nous ont permis de récolter les nourritures terrestres par la chasse et la cueillette durant des millénaires;
- une herminette, un outil du Néolithique qui nous a permis de façonner notre environnement ;
- le pastel du teinturier, l’indigo, des plantes qui transformées, nous ont permis de confectionner des étoffes;
- un vase funéraire, une boîte à divination rappelant la prise de conscience de notre mortalité et notre désir de deviner l’avenir.

Les éléments naturels sont également évoqués tels que :

- la terre qui nous fournit notre subsistance (tige de prêle, fruit du saucissonnier…) ;

- le feu dont la maîtrise a révolutionné notre existence (lampe à cupule, bougie de forêt…) ;

- l’air et le temps (tambour d’aisselles, harpe fourchue, oliphant…) ;

- l’eau, essentielle à notre survie et la mer que nous avons fouillée (trompe d’appel, harpon…).

Notre consommation actuelle et les déchets ménagers qui en découlent, deviennent un sujet préoccupant qui ne manque pas d’être aussi évoqué dans cette section.

Tout ceci nous amène à nous interroger et à réfléchir sur les nouveaux défis posés à l’humanité toute entière de nos jours sur notre devenir, questionnement renforcé au travers d’un grand tableau de Dimitri Melnediëv présenté en 1989 sur le thème de « Guettons l’homme et sa manière de déchiffrer le monde qui l’entoure ».

Cette introduction est très fournie et il est impossible de décrire ici tout le très impressionnant matériel contenu dans ces vitrines. Cependant, nous continuons notre visite les yeux grands ouverts pour découvrir la suite.

Le Muséum a choisi de présenter des œuvres de quatre artistes contemporains :

Giani Punattoni, Eunji Ignard-kim, Christian Pouter, Jür Thilling.


Des panneaux nous annoncent « Force, puissance et énergie » ou comment affronter l’immensité, mettre en évidence les grandes fonctions du vivant, provoquer le futur, prendre conscience et agir. Nous allons maintenant entrer dans le vif du sujet.


Première séquence : La Terre

Nous entrons dans un espace plongé dans la pénombre. Nous y découvrons d’immenses pierres : des géodes en améthyste, des cristaux blancs de calcite, du quartz du Rio Grande, etc.

Notre planète est active et nous partons à sa découverte au travers des beautés du monde minéral, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, de l’activité volcanique, du mouvement des plaques tectoniques et de l’érosion.

Pour ce faire, la technique moderne nous apporte un visuel parlant sous forme d’une roue lumineuse présentant des images de diverses roches (micas, granit, feldpath…), d’écrans présentant les « cicatrices » de la France ou sous nos pieds, de l’érosion de la roche par l’eau.

Nous sommes entraînés dans un bouleversant tourbillon de couleurs et de nuances à l’infini.

Les cataclysmes sont également expliqués comme les tremblements de terre avec une maquette qui estime les dégâts et les éruptions volcaniques. Tous les frissons de la planète tels que les changements climatiques sont évoqués.

Autrefois, quand les humains vivaient dans l’inconscience des mécanismes planétaires, ils inventaient des légendes et/ou des dieux responsables de ces catastrophes. Ainsi, une incroyable estampe japonaise nous raconte celle d’un poisson géant demeurant dans la profondeur de vase. Il était en principe tenu prisonnier par la divinité Numazu, mais lorsque celle-ci relâcha sa vigilance, il fit trembler la surface du globe.

Un film nous informe du réel découpage de notre planète avec le déplacement des plaques tectoniques et la formation de nos continents, il y a - 550 millions d’années jusqu’à - 8 millions d’années. Il est étonnant de voir les siècles défiler, l’Océan Atlantique s’ouvrir, l’Amérique du Nord et du Sud, l’Afrique, l’Asie se détacher progressivement pour prendre leur place dans la cartographie actuelle.

Enfin, des traces de vie et des fossiles sur du sable nous invitent à rejoindre la séquence suivante.

 


Seconde séquence : Le Vivant

Nous pouvons ici, derrière les vitrines, découvrir des collections dans l’ordre dans lesquelles l’humain les a nommé puis, classé, trié et rangé par taille, famille, couleur, ainsi que quelques outils préhistoriques dont un magnifique biface, une superbe pierre polie, une lame de silex, un burin, un chopper…

Côté jardin, dans les trois étages vitrés, plusieurs squelettes sont exposés en transparence. Nous reconnaissons entre autres, un carnivore, un cerf, un renne et surtout, un impressionnant cheval monté par son cavalier.

Au-dessus, dans les airs, un grand poulpe occupe tout l’espace et nous entraîne dans ce monde du vivant que nous connaissons finalement si mal pour la plupart d’entre nous.

En poursuivant, nous allons pouvoir découvrir toute la faune de notre planète en passant des papillons aux mammifères, sans oublier les oiseaux ; des animaux de basse cour aux plus dangereux prédateurs.

Avec en fond sonore, des chants et des cris d’animaux, nous pénétrons dans l’atmosphère d’un territoire insolite. Nous voici de nouveau dans une semi-obscurité pour découvrir de merveilleuses collections comme celles des strigidés (hiboux, chouettes…), d’oiseaux exotiques ou cucudilés (toucans, perroquets…), d’oiseaux des mers (albatros, manchots, pélicans…), de prédateurs féroces (crocodiles, panthères, lions…), de reptiles (varans, iguanes, dragons volants, anacondas…).

Une section est dédicacée aux cervidés (antilope saïga, cerf, renne…) et à plusieurs autres espèces plus ou moins connues, car nous n’avons pas l’occasion de les rencontrer dans nos promenades bucoliques françaises (hippopotame, ours blanc, phoque, pandas, ratons laveurs, hyène tachetée, rhinocéros, phacochère, lama) ou lors de nos baignades sur nos côtes (tortue marine, raie, requin…).

Bien entendu, nos cousins les grands singes sont tout à l’honneur et un film présente les premiers hominidés.

Des plus petits (les rongeurs, les papillons de jour et de nuit, les insectes..) aux plus grands, en passant par les plus étranges (ornithorynque, triton marbré, salamandre géante…) et même ceux qui vivent sur d’autres continents que le nôtre, sont exposés tels que les fourmiliers, les kangourous géants, les opossums laineux ou les marsupiaux.

De fantastiques coquillages marins nous offrent leurs superbes couleurs (tantales, bivalves) sans oublier les méduses et les animaux à fleurs.

La flore n’est pas oubliée non plus : champignons, feuilles d’arbres, chardons, graines…

Au bas de chaque vitrine, un petit encart donne des explications sur son contenu.

Nous allons maintenant accéder au premier étage grâce à « L’Escalier du Temps » pour nous propulser il y a 3,8 milliard d’années.

 

Troisième séquence : La vie dans le temps

 

Cette notion du temps est très difficile à cerner et comme l’a très bien dit Stephan Jay Gouge :
« Elle est si étrange que nous ne pouvons la saisir qu’à travers une métaphore ».

C’est dans cette section que nous découvrons notamment, de fantastiques empreintes fossiles datant du Paléozoïque.

Petit à petit, nous arrivons aux dinosaures, ces animaux tant appréciés des enfants qui les connaissent parfois bien mieux que les adultes. Certains étaient carnivores, d’autres végétariens ou piscivores. Des écrans nous permettent de mieux connaître ces espèces disparues.

Le braquiosore était l’un des plus grands, du même gabarit que le diplodocus dont on peut voir un fémur exposé, ainsi que l’immense tête d’un tyrannosaure qui, nous l’apprenons, était plus un charognard qu’un carnassier.

Quant au biarionix valquirie aux grandes griffes de piscivore, nous n’aurions pas apprécié nous sentir enserrer dans celles-ci ! Ce spécimen fut retrouvé en Angleterre et il s’agit là d’une reconstitution scientifique.

Les œufs de dinosaure sont impressionnants par leur taille.

Apparus il y a 550 millions d’années et disparus il y a 64 millions d’années, les dinosaures ont cependant eu des descendants : les oiseaux. Ainsi, quand nous dégustons un poulet ou une dinde, nous pouvons désormais penser qu’il s’agit d’un « mini-dinosaure » que nous avons dans votre assiette !

Si les humains n’ont jamais été contemporains des dinosaures, en revanche, nos ancêtres préhistoriques ont chassé et affronté bon nombre d’animaux disparus à ce jour. Ainsi, nous pouvons les retrouver dans une section dédiée à eux : le lion des cavernes (plus gros que nos lions actuels et qui ne portait pas de crinière), le mégacéros (un cervidé immense dont les bois pouvaient atteindre plus de trois mètres d’envergure), la hyène des cavernes (sans doute un des plus effroyable prédateur), l’ours de caverne (beaucoup plus massif que nos ours actuels)…

Une petite salle circulaire est consacrée à la Préhistoire et derrière ses vitrines, sont présentées quelques outils du Paléolithique Inférieur (chopper avec ses éclats, biface…), du Paléolithique Moyen (pointes moustériennes, galet percuteur…) et du Paléolithique Supérieur (reproduction des fameux bisons en argile de la Grotte du Tuc d’Audoubert, sagaie à base fendue, bâton percé, harpon, aiguille à chas…).

Pour les amateurs de Préhistoire, cette section semble un peu restreinte. Toutefois, il est important d’annoncer que le Muséum consacrera l’année prochaine une exposition temporaire consacrée entièrement à la Préhistoire.

 


Quatrième séquence : Les besoins de l’humain

 

Nous entrons ici dans une salle qui nous présente une collection de pièces tout à fait exceptionnelles et magnifiques qui ont pour thème les grandes fonctions du vivant, c’est à dire se nourrir, se protéger, se déplacer, se reproduire et communiquer.

Parmi ces objets naturalistes, choisis dans le monde végétal et animal, nous comprenons comment l’humain s’en est servi pour assurer les fonctions vitales décrites plus haut.

S’il est impossible d’en faire ici l’inventaire complet et la description, nous en citerons quelques uns qui ont retenu toute notre attention de part leur originalité et leur beauté :

- une carapace de tortue verte ;
- un poteau totem d’une case du Cameroun ;
- un masque de deuil de Nouvelle Calédonie ;
- un masque Adone du Burquina Faso ;
- une coiffe du Brésil ;
- des monnaies en fer du Gabon ;
- des poids pour peser l’or de la Côte d’Ivoire ;
- un tambour à fente d’Océanie ;
- l’équipement d’un chasseur cueilleur Inuit ;
- une pirogue du Venezuela ;
- un costume de chamane sibérien ;


- une boîte à divination du Cameroun/Gabon.

Ici, nous pouvons aussi écouter des sons, tels que les cris de la marmotte, les chœurs des rainettes vertes, le chant du merle noir…

 


Cinquième séquence : Quelle vie, demain ?

Au terme de notre visite, notre parcours n’aura cessé de nous mettre en relation avec notre environnement, de la création de la Terre jusqu’à nos jours, afin de nous faire comprendre à quel point l’interaction entre l’humain et la nature est vitale pour notre survie depuis la nuit des temps.

Ainsi, cette dernière section nous présente l’état de santé de notre planète : la pression démographique galopante, la gestion de nos ressources naturelles qui s’épuisent et l’impact de notre activité humaine, afin de nous permettre une prise de conscience sur le devenir de notre espèce et de notre écosystème, qui nous a offert toutes les ressources nécessaires à notre existence, désormais menacé par de nombreux fléaux.

 


LE JARDIN BOTANIQUE

Il se présente sous la forme d’une étonnante spirale, lovée dans la façade courbe en verre de l’extension des murs historiques du Muséum et dans laquelle elle se reflète. L’effet est étonnant et très harmonieux.

Cette spirale, disposée sur une plate bande, est d’une longueur de 365 m.

Toujours dans le souci de nous faire comprendre à quel point le monde végétal a contribué de manière vitale à notre évolution humaine, elle est subdivisée en plusieurs thèmes et nous présente des collections ethnobotaniques où les stratégies de reproduction des principaux types de fleurs et d’inflorescences, des plus archaïques aux plus sophistiquées, ne manquent pas d’être évoqué.

Ainsi, des plantes oléagineuses (sésame, arachide cacahouète, betterave sucrière…) aux plantes insecticides (grande ortie…) en passant par celles qui ont des vertus diurétiques et dépuratives, un large et complet panel du monde végétal est ici exposé.
Les serres, d’une surface de 300 m² nous présentent des plantes tropicales ou xérophiles (adaptées à la sécheresse) ainsi que des plantes aquatiques ou carnivores (ouvertes du mardi au vendredi de 10h à 17h seulement).

 

 

Dédié au célèbre botaniste-phytogéographe toulousain, le Professeur Henri GAUSSEN, le Jardin Botanique est rattaché à l’Unité de Formation et de Recherche des Sciences de la Vie et de la Terre.

Un autre jardin, situé dans le quartier de Borderouge, fera l’objet d’un complément à cet article cet été. En effet, ce jardin qui est doté d’une ombrière, de différents potagers du monde, d’un espace nature et d’une roselière devra attendre notre visite, au moment où la nature sera dans tous ses états les plus éclatants pour mieux en faire sa présentation.

 

 

LES « PLUS » DU MUSEE

- Prévoyez une journée pour effectuer la visite complète du Muséum car il y a beaucoup à voir, d’autant plus que votre billet d’entrée étant valable pour la journée, vous aurez tout loisir de pouvoir entrer et sortir à votre guise.

- Des médiateurs assurent les visites de groupes, encadrent les activités et proposent des animations. En visite individuelle, ils viennent à la rencontre des visiteurs pour leur proposer des informations complémentaires, répondre à leurs questions et les accompagnent pour un moment dans une section.

- La bibliothèque « Emile Cartailhac » composée de dix mille ouvrages est à disposition du lundi au samedi de 9h à 12h, sauf les mardi et jours fériés.

- Café-science, conférences, colloques scientifiques, ateliers, etc. animent le Muséum. Il y existe donc au sein du Muséum un auditorium et des espaces destinés à ces événements.

- « le Moaï », ouvert de 10h à 18h du mardi au dimanche, est un self-service un peu particulier, car sa cuisine est sous la responsabilité d’un grand chef, M. Garigues. Ainsi, si la formule est souple et rapide, les menus sont très élaborés… et délicieux ! Des dîners thématiques y sont également organisés sur réservation au 05 34 31 67 85 de 19h30 à 21h30 du mardi au vendredi.

- Une boutique propose cadeaux et souvenirs (jeux, figurines, peluches, papeterie, livres, CD et DVD, tee-shirts, etc.).

 


INFORMATIONS PRATIQUES

Muséum d’Histoire Naturelle
35, allées Jules Guesde
31000 TOULOUSE

Tél. : 05 6773 84 00
Fax : 05 62 27 45 65
Site Internet : www.museum.toulouse.fr


Patricia MILAN (Avril 2010)