LE MUSEE DES MERVEILLES
A l'ombre du Mont Bego

OU
SE TROUVE-T-IL ?
Après avoir visité la Vallée de Fontanalba et celle des Merveilles, ne quittez pas la région sans vous rendre quelques heures au Musée des Merveilles qui se situe à la sortie de la ville de Tende. En effet, la visite de ce très beau musée qui a ouvert ses portes en 1996, est un complément essentiel, qui vous apportera de nouvelles informations et vous donnera toute précision concernant les gravures du Mont Bego, au cas où quelques zones d'ombre subsisteraient encore dans votre esprit...
Moderne et interactif, ce Musée vous propose une approche ludique et pédagogique de l'histoire naturelle, de la zoologie, de l'archéologie, de l'ethnologie ainsi que des arts et des traditions populaires des sites du Mont Bego.
QU'Y VOIT-ON ?
La visite commence par une présentation géographique de la région du Mont Bego afin de vous permettre de situer dans l'espace les différents sites de la Vallée de la Roya. A l'aide d'une carte interactive avec des points lumineux, vous pouvez reconnaître l'ensemble du territoire (villes, vallées, monts etc.)
Grâce à des maquettes et des panneaux, vous découvrez le descriptif de la chaîne des Alpes Occidentales avec les Alpes Méridionales qui constituent une barrière entre la Provence, le Piémont et La Ligure. Le Mont Bego, l'un des plus haut de la soixantaine de monts des Alpes Méridionales qui culminent jusqu'à 2900 m d'altitude, se situe sur la commune de Tende, dans le Massif du Mercantour qui abrite de hautes vallées montagnardes telles que celles de Fontanalba et des Merveilles situées entre 2 000 et 2 800 m d'altitude. 3600 roches polies par l'action des glaciers quaternaires y ont été gravées au Chalcolithique et à l'Age du Bronze Ancien par les tous premiers métallurgistes des Alpes Méridionales.
Toutefois, il est précisé que les dates et les datations indiquées dans les vitrines ne peuvent être totalement exactes pour les périodes préhistoriques ou protohistoriques car elles peuvent varier selon les méthodes de datation ou les repaires utilisés pour ces datations tels que des événements géologiques, climatiques ou culturels.
Un panneau sur la géologie de la région vous apprend que ces montagnes renferment des gisements métallifères : mimerais de cuivre, de plomb, de zinc et même des sulfures d'arsenic. Ainsi, des mines furent exploitées dès le Chalcolithique.
Dans de grandes vitrines ou dioramas, des scènes grandeur nature sont représentées :
- un chasseur vêtu
de peaux vise un chamois avec son arc en bois;
- la faune et la flore au début
de l'été avec en fond le majestueux Pic des Merveilles, vous
révèle l'extraordinaire richesse du site avec plus de 2 400 espèces
végétales dont 2 200 sont considérées comme rares
et 193 espèces de vertébrés tels que les chamois, les marmottes,
les renards etc.
- un village de l'Age du Bronze Ancien et ses activités journalières.
Une section spéciale est réservée à Otzi, L'homme des Glaces, qui fut retrouvé sur la ligne des crêtes séparant l'Autriche de l'Italie. Un descriptif des nombreuses et très révélatrices analyses faites sur son corps, son costume et les objets qu'il transportait, est exposé.
L'étude des pollens vous informe sur les changements du climat dans la région qui ont entraîné des modifications successives du paysage depuis 12 000 ans avant J.C. : sub-boréal, sub-atlantique, pré boréal, boréal, atlantique, dryas moyen, alleroïd, dryas récent, dryas ancien, etc. d'où une interaction entre l'homme et son environnement qui a entraîné le début du pastoralisme et les premières cultures.
La dendrochronologie nous propose la lecture des arbres au travers de la séquence de leurs cernes annuels afin connaître leur âge, de discerner les différentes périodes de sécheresse etc. Vous pourrez examiner la coupe transversale d'un mélèze vieux de 750 ans (avec 750 cernes plus ou moins foncées représentant les périodes estivales et hivernales)
Des vitrines en relation avec des descriptifs explicatifs des différentes périodes d'occupation humaine vous présentent également divers objets (outils, parures, poteries, armes...) retrouvés dans la région.
Ainsi,
vous apprenez que dès le Mésolithique, c'est à dire entre
- 10 000 et - 8 000 ans avant J.C. à la fin de la dernière période
glaciaire, l'Abri Martin fut occupé par des populations. La vitrine
vous présente la fameuse Pointe de Mortola et des outils miniaturisés
comme des pointes à encoches, des grattoirs circulaires, des pierres microlitiques,
des barbelures, des harpons, des parures en coquillages etc. C'est à cette
époque que le propulseur fut abandonné au profit de l'arc pour la
chasse et que le chien commença à être domestiqué.
Au
Néolithique Ancien (- 6 000 à - 4 500), les humains se regroupent
en hameaux constitués de maisons construites en terre et en bois, ils pratiquent
l'élevage des porcs, des chèvres et l'agriculture gagne du terrain
sur la forêt qui est défrichée pour laisser place à
des champs et à des pâtures. L'industrie lithique est principalement
composée de pierres polies (hache, herminette etc.) La céramique
fait son apparition et l'étude de ses formes et de ses décorations
permettent de situer différentes civilisations comme la Culture Cardiale
(issue du cardium, un coquillage fréquemment utilisé pour la
décoration)
Durant
le Néolithique Moyen (- 4 500 à - 3500), la Culture Chasséenne
fait son apparition avec une céramique à " bouche carrée
". On note un accroissement de l'économie et un net développement
de l'agriculture avec différentes sortes de légumineuses et de céréales.
L'élevage se spécialise. Les échanges commerciaux s'intensifient.
Les sépultures se généralisent et se caractérisent
par la position repliée des corps. Les humains habitent encore dans des
grottes ou des abris sous roche mais ils aménagent plus souvent des habitats
en plaine entourés de palissades ou de fossés.
Le
Néolithique Final ou Chalcolithique (- 3 500 à - 2 000) voit
l'avènement des métaux avec une généralisation de
castes guerrières et de plus en plus d'objets de parures. La Civilisation
Campaniforme ainsi nommée à cause de vases en forme de cloche,
est une unité culturelle reconnaissable. Il s'ensuit une forte expansion
économique vers la fin du 3ème millénaire et la Ligurie devient
un lieu de passage commercial important.
La
période du Bronze Ancien (- 2 000 à - 1 700), voit l'apparition
de nouveaux groupes culturels qui se développent de part et d'autre des
Alpes : la Civilisation du Rhône caractérisée par une
très belle production de poignards et de lames en bronze, d'épingles
et de haches à rebord. La Civilisation de la Polada se développe
en Lombardie. Proche de la précédente, la céramique se singularise
par des vases pourvus d'anses. La Vallée du Rhône et la Côte
Méditerranéenne deviennent des axes commerciaux majeurs.
Le
Bronze Moyen (- 1 700 à - 1 300) est appelé la Civilisation
des Tumulus à cause de son mode d'inhumation individuelle. La céramique
est fortement d'inspiration italique et en Ligurie Occidentale, la Civilisation
des Terramares fait son apparition.
Durant
le Bronze Final (- 1 300 à - 850), un courant de spiritualité
venant d'Europe Centrale se diffuse sur une grande partie de territoire français.
Cette civilisation appelée des " champs d'urnes " se caractérise
par l'adoption du rite funéraire de l'incinération en remplacement
de l'inhumation.
L'Age
de Fer (- 850 à l'occupation romaine) change la donne car avec ce nouveau
métal, les circuits économiques de l'Age de Bronze sont bouleversés.
La Civilisation de Hallstatt apparaît et c'est à cette époque
aussi que les Grecs fondent la ville de Massilia, Marseille de nos jours.
Puis, suit la Civilisation de la Tène qui verra l'urbanisation s'intensifier
avec des constructions en pierre ; de plus en plus de guerres et de violences
aussi
Des
reproductions des gravures rupestres du Mont Bego dans le secteur des Merveilles
ou de Fontanalba, vous permettent de voir ou de revoir, en prenant tout votre
temps, ces curieux personnages qui conduisent des attelages ou qui brandissent
des hallebardes au-dessus de leur tête. Ces scènes ne sont sans doute
pas réalistes mais décrivent les rituels du sacrifice du Dieu Taureau
et de la fécondation de la terre.
Prenez un moment de repos pour écouter la musique que jouaient nos ancêtres. Grâce à des écouteurs que vous placerez sur vos oreilles, il vous sera possible d'entendre le son du sifflet émanant d'une phalange percée d'un cervidé, de flûtes composites ou de pan faites en os d'ovin, d'un rhombe, d'une conque marine ou de matériaux naturels périssables tels que le roseau ; des trompes et des grelots apparaissent au Néolithique et tous ces instruments sont exposés dans une vitrine.
L'original
de la stèle gravée dite " Le Chef de Tribu " qui se
trouvait originellement dans le secteur des Merveilles, fut transférée
en 1988 en prévention contre d'éventuelles dégradations.
Il s'agit là d'une très belle pièce et c'est un plaisir de
pouvoir la contempler longuement. Le Musée lui a réservé
une place de choix !
Un diorama tout à fait spécial se situe au pied de la stèle gravée de l'anthropomorphe aux bras en zigzag et de l'anthropomorphe acéphale. Considérés comme le couple primordial, cette stèle se situe en altitude au pied du Pic des Merveilles (voir article sur la Vallée des Merveilles) Une projection vous est alors proposée. Il s'agit d'un film de quelques minutes qui met en scène les mêmes personnages en prière aux dieux anciens par l'acte de graver. Laissez-vous entraîner dans cette fiction et vibrer comme les hallebardes qui tournoient au-dessus de leurs têtes De très beaux costumes et à noter, ce petit chapeau étrange qui évoque fort celui des toréadors actuels (une relation entre le sacrifice du Dieu Taureau et celui des corridas se perpétuerait-elle encore de nos jours ?)
De nombreuses représentations ou fac-similés des gravures les plus fameuses sont présentés : l'étrange stèle dite " Le Sorcier ", devenu le symbole du Musée : un corniforme aux cornes parallèles qui est savamment transformé pour en faire une figure humaine (voir article sur la Vallée des Merveilles), " La Roche de la Danseuse ", " La Roche de la Hallebarde " et encore d'autres
Dans des vitrines dédiées aux périodes du Chalcolithique et de l'Age de Bronze, vous pourrez admirer de très beaux éléments de parures, des dents de chiens perforées, des aiguilles à chas, des canines de carnivores, des pendeloques, des fragments de vases provenant de grottes ou de tumulus. Mais aussi, de superbes armes et outils : haches plates en cuivre, reconstitutions de manches de hache à légers rebords etc. Et une merveilleuse petite statuette d'un guerrier en position d'orant.
Une reconstitution du Gias del Ciari, situé à 2 500 m d'altitude vous informe de la possibilité d'une première activité agropastorale dans la région, peut-être une bergerie des premières transhumances en des temps très reculés.
Vous pourrez aussi voir les maquettes de trois mâts méditerranéens tels qu'ils ont été gravés plus tardivement sur les roches du Mont Bego par des navigateurs de passage ou des voyageurs inconnus
Enfin, un berger " virtuel " mais fort savant puisqu'il parle le français, l'italien et l'anglais, vous racontera des légendes et des histoires qui ont eu cours dans la région jusqu'au 19ème siècle : la sorcière de la Valmasque, le berger englouti, l'exorciseur, la légende de la Fontanalba mais encore, des récits sur la transhumance ou le commerce de la laine.
Pour terminer, quelques très beaux objets de la période moderne sont exposés : une boîte sculptée et des carreaux à dentelles, des tambours, un peigne à lin, un collier de transhumance pour bovin, un coffret en mélèze, les inscriptions sur les roches les plus récentes des bergers solitaires comme celle d'un certain Baptistin qui vivait au 19ème siècle ; des diorama sur la vie quotidienne des paysans, leur habitat, le cardage de la laine, la traite des brebis Vous découvrirez les premières photographies de Tende, de ses habitants et la vie pastorale qui se poursuit encore à l'heure actuelle.
Un borne interactive vous permettra également de reconsidérer vos connaissances sur la Préhistoire.
LES " PLUS " DE LA VISITE
-
un bon accueil
- des techniques modernes au service de la Préhistoire
et des temps anciens
- un parcours pédagogique agréable et instructif
-
une belle boutique avec des souvenirs, cartes postales, livres etc.
- des expositions
temporaires de très grande qualité
-
juste à côté du Musée des Merveilles, se trouve le
Musée du Tourisme (gratuit)
Dans ce petit musée, on peut
toucher des pierres : pélite schisteuse, calcaire, arkose, granit, gneiss
ainsi que différents bois de la région : mélèze, châtaignier
(très menacé par un insecte ravageur qui actuellement menace le
patrimoine génétique et les récoltes de châtaignes,
se manifestant comme une sorte de gale), charme houblon, l'olivier, le mélèze,
l'arolle.
Vous aurez aussi tout loisir de vous allonger confortablement au
sol sur des coussins moelleux pour visionner au plafond, un film sur les oiseaux
rapaces: le gypaète barbu, l'aigle royal entre autres
Vous les verrez
voler, chasser, planer dans les airs, vous pourrez écouter leurs cris
Ne vous endormez pas, quand même !
Il y a aussi des peintures, une très
belle carte géographique de la Route Royale ou Route du Sel comme
au 18ème siècle. On peut également effectuer le survol téléguidé
de la Vallée de la Roya grâce à des prises de vue satellites
avec couleurs réalistes des cartes IGN en infra rouge. Enfin, un quiz en
vingt questions sur les Alpes vous permettra de tester vos connaissances sur le
sujet. A ne pas manquer !
INFORMATIONS PRATIQUES
Musée
des Merveilles
Avenue du 16 septembre 1947
06430 TENDE
Tél. :
04 93 04 32 50
Fax : 04 93 04 32 53
Un
site Internet : www.museedesmerveilles.com
Courriel : musee-merveilles@cg06.fr
Horaires
d'été : du 2 mai au 15 octobre, de 10h à 18h30
Horaires
d'hiver : du 16 octobre au 30 avril, de 10h à 17h
Fermeture
le mardi (sauf juillet, août et septembre)
Fermeture du 12 au 24 mars
et du 13 au 25 novembre, le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai.
Visites guidées sur réservation téléphonique, visite spécifique pour les déficients visuels sur réservation également - Structure d'accueil pour colloques, conférences - Bibliothèque et photothèque
Patricia MILAN (juillet 2007)