LA PARTIE PREHISTORIQUE DU MUSEE ARCHEOLOGIQUE DE NARBONNE

 

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OU SE TROUVE-T-ELLE ?


Dans le Musée Archéologique de Narbonne qui se situe en plein centre ville, Place de l'Hôtel de Ville, dans l'ancien Palais des Archevêques, l
a partie préhistorique du Musée se trouve dans les salles de l'ancien Tinal (cellier des chanoines) annexées au Palais Vieux.

Il vous faudra donc traverser pour y accéder, toutes les salles qui présentent des vestiges romains ou gallo-romains puisque Narbonne, à l'époque romaine nommée Narbo Martius, fut créée en - 118 avant J.C. par le Proconsul romain Cneus Domitius Ahenobarbus.

Au 1er siècle avant J.C., la ville devint capitale provinciale et un lieu d'échanges commerciaux: le premier port de commerce après celui de Rome, étant située au confluent des voies Domitienne et Aquitaine ; ses relations maritimes avec Rome la placèrent dans une situation très privilégiée. Ainsi, vous pourrez admirer au passage, la plus grande collection gallo romaine de peintures à fresques, les mosaïques des domus, de nombreux objets relatifs à cette époque, des statues, des monnaies etc. appartenant à l'Antiquité.

 

QU'Y VOIT-ON ?


Cet espace réservé à la Préhistoire recèle quelques trésors. Son agencement moderne dans une vaste salle qui présente encore des arches gothiques et un plafond en bois, en fait pourtant un lieu assez intime et son éclairage feutré y contribue également.


Les collections d'objets présentées vont du Paléolithique Ancien à L'Age de Fer et proviennent de fouilles régionales dans des sites de l'Aude, de l'Hérault et des Pyrénées Orientales. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer :


- La Grotte de la Bize, de la Crouzade, des Ramandils, d'Aldène…
- Les stations de l'Aragnon, de Fontlaurier, de l'Ardide, de Puech Paris, de Prat de Verzanobre…
- Le Pavillon, Narbonne Plage, la Caune de L'Arago…


Un tableau chronologique des temps paléolithiques dans le Narbonnais nous indique que cette collection couvre donc plusieurs milliers d'années.

 

LE PALEOLITHIQUE ANCIEN


De cette période très reculée, une vitrine nous présente une très intéressante collection de bifaces en quartz ou en silex, pour la plupart de la période Acheuléenne et de différentes formes : lancéolés, discoïdes, ovalaires, à disque uniface, amygdaloïdes (en forme d'amande) ou cordiforme (en forme de cœur)

 


LE PALEOLITHIQUE MOYEN


Il nous est exposé par une série d'outils en quartz ou en silex datant d'Homo Neandertal : racloirs, pointes de Quinson, nucléus Levallois, éclats retouchés…


Quelques os du gibier spécifique au Paléolithique sont présentés: cerf, renne, bison, aurochs, bouquetin des Pyrénées et lièvre. Ces animaux étaient présents dans la région et chassés.


La présence de Neandertal de - 48 000 à - 35 000 ans avant notre ère dans la grande Grotte de Bize fut attestée par André TRAVOZEAU qui y a trouvé des éléments montrant la succession rapide d'Homo Sapiens à celle d'Homo Neandertal. Une stratigraphie prouve qu'une espèce humaine a très brutalement succédé à une autre, car dans un même niveau ont été mis au jour un éclat de quartzite et une lame élaborée, elle, par Homo Sapiens.

Un outillage principalement en quartzite et de nombreux ossements d'animaux furent retrouvés lors des fouilles. Neandertal partagea alternativement ce lieu avec les ours et les hyènes des cavernes. Puis Cro-Magnon vint le remplacer définitivement. Quelques notions sur la corpulence et les traits physiques de Neandertal sont ici expliquées, ainsi que sa disparition tragique et encore inexpliquée à ce jour avec certitude.

 

 

LE PALEOLITHIQUE SUPERIEUR


Le frontal d'un crâne de notre ancêtre Cro-Magnon fut retrouvé dans la Grotte de la Crouzade. Il présente nos caractéristiques actuelles.


Plusieurs vitrines proposent un éventail d'objets et d'outils datant de cette période jusqu'à Epipaléolithique :

parmi ceux-ci, un galet avec une tête de cheval très finement gravé et des baguettes incisées de la période Solutrénne attirent notre attention … ainsi que deux très jolies pièces : un motif géométrique gravé sur une spatule en os et une tête d'herbivore gravée sur une autre spatule datant du Magdalénien.


Au mur, un décor de la frise pariétale gauche de la Grotte de l'Aldène (fermée au public) présente des gravures animalières et abstraites. Sa thématique est identique à celle de la Grotte Chauvet (dans l'Ardèche et datant de l'Aurignacien): têtes d'ours, oreilles, cou... parfois rehaussés de couleur rouge. Les thèmes récurents sont l'ours et le lion. Il y a également des formes géométriques comme un signe en éventail! Une lampe à graisse fut aussi retrouvée dans cette cavité. Cependant, il est assez difficile de discerner ces gravures et l'éclairage n'est pas très approprié pour nous rendre la tâche plus facile (réverbération)


Plusieurs objets sont issus de la période Azilienne, retrouvés dans la Grotte de la Crouzade notamment: différents galets en quartz avec pour l'un, un motif rouge en zigzag, pour un autre des points et un os creusé de renne avec de l'ocre ou de l'hématite rouge très visible à l'intérieur. Tout cela nous fait penser au " kit " de peinture d'un artiste de l'époque et des objets qui lui servaient de palette ou pour mélanger ses pigments…


Les éléments de parure sont peu nombreux et datent du Magdalénien, mais ils sont relativement rares et présentent tous des perforations: canines d'ours, grandes pendeloques en bois de renne et en os, canines de renard, croches de cerf, incisives de bouquetin, d'aurochs et de cheval.


Les outils ne font pas défaut non plus et nous pouvons nous régaler les yeux de très belles pièces représentatives de leurs civilisations respectives, telles qu'une lamelle en crystal de roche du Gravettien, un galet peint utilisé comme percuteur de l'Azilien, des lames à encoches de l'Aurignacien, un burin en silex, des lamelles à bords rabattus, des grattoirs-burins de l'Aurignacien, des grattoirs sur éclat ou sur lame, des microlithes de l'Azilo-Sauveterrien… et une superbe feuille de laurier en silex provenant du Solutréen.


La panoplie du chasseur est représentée notamment par des fragments de sagaies en bois de renne, des pointes à crans et de très impressionnantes têtes de harpons en bois de renne datant du Magdalénien Final.


Le travail de l'ivoire, du bois de renne et de l'os a produit des outils précieux pour ces humains. Parmi les plus remarquables objets, il faut mentionner le poinçon percé d'un chas, des aiguilles à chas en os du Magdalénien Supérieur et des lissoirs en os de l'Azilien.


Au-dessus de chaque vitrine, l'espace est séparé par de hauts panneaux en tissu où sont peints des hommes entrain de tailler la pierre, de tirer des sagaies au propulseur et de coudre, évoquant ainsi les activités coutumières et essentielles de ces humains préhistoriques. Une manière originale de traiter l'espace, mais l'on peut sans doute regretter qu'aucune présence féminine ne fasse partie de ces scènes… et que la grande spiritualité des humains de ces époques ne soit pas évoquée plus amplement.


Il y a également la petite reconstitution d'une grotte avec des concrétions et des vitrines au sol évoquant la Galerie des Pas de la Grotte de la Crouzade (et dans laquelle de nos jours, les enfants doivent adorer faire le tour !) évoquant les habitats des humains du Paléolithique, les diverses fonctions qu'ils attribuèrent aux campements saisonniers et aux cavités profondes, en décrivant également leur manière de s'éclairer avec des lampes en pierre. Tout cela donne quand même matière à réflexion…

 

 

LE NEOLITHIQUE


Dès - 8 500 avant notre ère, les humains se sont mis à domestiquer les animaux, puis à pratiquer l'agriculture, renonçant à leur ancestral mode de vie de chasseurs-cueilleurs, tout d'abord au Moyen Orient.

C'est vers - 6 000 ans que ces nouveaux sédentaires arrivèrent jusqu'à Narbonne.


Les principaux sites représentatifs du Néolithique dans le Narbonnais sont :
- Bize, la Crouzade, Fleury, Médor, Ricardel, le Trou de Viviès…

 

Un de ces autres panneaux en tissu nous accueille dans cette section en nous montrant le dessin d'une typique habitation néolithique constituée de deux " cabanes " entourées par une palissade avec un fossé creusé tout autour. Du reste, une véritable reconstitution d'un de ces murs avec un morceau du toit, nous indique de quels matériaux étaient faites ces habitations : ossature en bois recouverte de branchages et d'argile ; plus tard, l'emploi de la pierre sera également incorporé à ces habitations.


Une vitrine est dédiée aux nouveaux outils de ces premiers cultivateurs avec la reconstitution d'une herminette, d'un couteau à moissonner, d'une faucille et d'une meule servant à écraser les céréales.


Avec l'apparition de la céramique, une large vitrine présente son évolution à travers un certain nombre de vases, de pots et d'ustensiles appartenant à différentes périodes à partir de - 6 000 à - 3 500 ans avant notre ère:

- le Cardial (site de Leucate, Néolithique Ancien): décor effectué avec une coquille, le cardium. L'empreinte de la coquille étant placée sur la pâte fraîche

- l'Epicardial (époque Chasséenne) avec une céramique noire brillante où l'on peut voir des traves de coups de poinçon, des sillons et parfois une couleur ocre sur les motifs

- Le Chasséen Bizien, un style régional avec des motifs originaux et des traces ocres et jaunes

- le Vérazien, où les décors sont beaucoup moins sophistiqués.


Le Néolithique étant aussi l'Age de la Pierre Polie, une très belle collection de haches polies figure au nombre des outils exposés. Elles sont alpines. Certaines sont de très grande taille et attestent qu'elles ne servaient pas à couper les arbres, mais étaient plutôt destinées à être des objets d'apparat ou des marqueurs sociaux offerts à des personnages importants.


La pêche, la chasse et l'artisanat durant cette période restent des activités très importantes comme en témoignent les objets retrouvés tels que des foènes, des poids de pêche, une corne de brume, des vertèbres de poisson, des pics en bois de cerf, des gaines de haches en bois animal et des instruments en bois de cerf.


Sur un panneau en tissu, les animaux domestiqués sont peints : la chèvre, le cochon, le bœuf… et une autre draperie nous renseigne sur les vêtements de ce nouvel agro-pasteur constitués de culottes-jambières, de tuniques en végétaux tressés, portant un couvre-chef: un bonnet en fourrure d'ours… Tout ceci en référence à Otzï, l'homme des Glaces retrouvé dans les Alpes, momifié, avec son poignard en silex, sa hache de bronze… et qui nous a beaucoup renseigné sur le mode de vie néolithique.

 

 

AGE DE BRONZE OU CHALCOLITHIQUE

 

Le Chalcolithique ou Age de Cuivre (-3 500 à - 3 200 ans avant notre ère) exprime la nouvelle maîtrise de l'humain sur les métaux et produit surtout des objets de parure, mais nous sont présentés ici également des haches plates et des poignards.

La découverte de l'alliage du cuivre et de l'étain va faire entrer le monde dans un nouvel âge, celui du Bronze, qui se développera jusqu'à - 800 ans avant J.C. Désormais, des rasoirs, des poignards et des armes apparaissent avec des formes de plus en plus complexes qui inaugurent une période de conflits territoriaux. Les techniques de coulage se perfectionnent (à la cire perdue par exemple): haches, alènes, rasoirs, pince à épiler, pointes de flèches... La panoplie de l'humain s'agrandit!

Les céramiques de l'Age de Bronze sont innovantes: perles en céramique ou en pâte de verre, tasses, cruchons, jarres avec des motifs cannelés, écuelles et plats dits "tronconiques". Maus aussi de très belles parures en plomb et en bronze: des anneaux et un collier en perles de verre bleues tout à fait remarquable.


Les céramiques campaniformes sont aussi présentes, signifiant les premières tentatives de fédération entre les diverses cultures européennes vers la fin du 3ème millénaire. Les gobelets et les jattes viennent de dolmens, mais nous pouvons aussi admirer ces imaginatifs boutons perforés en V et d'autres, encore plus originaux en forme de " tortue " qui proviennent de la Grotte de la Hache ainsi qu'une perle en or !


L'épée de Jugnes, découverte près de Sigean est un modèle presque unique dans son genre, avec un pommeau conique, une poignée facettée et une garde encochée de six rivets. Sa lame a été entièrement décorée et c'est la seule connue dans tout le Midi de la France. Elle est datée de 1 500 ans avant notre ère et a été sortie de la fente d'un rocher.


Une reconstitution de la Nécropole du Moulin de Mailhac fouillée par Odette et Jean TAFFANEL présente des sépultures à incinération datant du Bronze Final et nous propose d'imaginer la manière dont les morts étaient traités.

Enfin, trois vitrines se suivent.

La première présente des objets et des parures pour l'au-delà datant de - 3 500 ans avant notre ère. Nous apprenons que les tombeaux étaient souvent collectifs, composés de plusieurs dizaines d'individus accompagnés de pièces rares et d'offrandes. Ce mobilier était souvent sélectionnné en fonction de divers paramètres comme leur forme et l'originalité de leurs matériaux: poignards, pointes de silex, lames faucilles, longues lames, perles en malachite, en os, en roche verte, en calcaire, en calcite, mais aussi des pendeloques, une "idole" découpée dans un coquillage, des parures constituées de coquillages ou taillées dans de l'os, des colliers constitués de centaines de perles, notamment en stéatite comme celle retrouvée dans le Trou du Chaos à Narbonne.

La seconde est dédiée à la trépanation et plusieurs crânes présentant une perforation crânienne en sont les témoins. En effet, beaucoup de maladies apparaissent chez ces populations du Néolithique Final. Tout d'abord les épidémies dues à la promiscuité humain/animal, mais le dur labeur des champs entraîn,e souvent de l'arthrose qui affecte la colonne vertébrale. Il y a aussi des fractures, des tassements de vertèbres et la présence infectieuse de la tuberculose.

La troisième vitrine évoque la Grotte des Tortue au Monges qui a laissé les vestiges de 22 individus avec un important mobilier funéraire accompagnant les ossements des défunts, soigneusement compartimentés sur plusieurs niveaux.

 

 

L'AGE DU FER

 

L'Age de Fer apparaît vers - 800 avant J.C. et il n'épargne pas le Narbonnais si on en croit les objets exposés : pointes de lances, torques ou anneaux de jambes, rasoirs arciformes… de très beaux objets néanmoins. C'est le temps de l'apparition de la guerre.


Les nécropoles du Premier Age de Fer sous forme d'une reconstitution, nous indiquent la proximité de celles-ci des habitats avec des tombes à incinération. Les cendres étaient recueillies dans des urnes et accompagnées d'affaires de toilette, de parures et d'armes selon l'époque et le statut de l'individu.

 

Il ne faut pas oublier que toutes ces fouilles sont dues en premier lieu à plusieurs précurseurs régionaux, notamment Paul TOURNAL (pharmacien, journaliste et naturaliste du 19ème siècle), Théophile et Philippe HELENA. Le Musée leur rend hommage.

 

 

LES " PLUS " DE NARBONNE


Narbonne est une ville riche en Histoire. Il serait regrettable de ne pas consacrer un peu de temps pour profiter d'autres découvertes et en particulier :


- Le Musée d'Art qui se trouve également dans les anciens appartements du Palais des Archevêquesaménagés au 17ème siècle et sa merveilleuse collection de peintures orientalistes admirablement mises en scène dans un décor d'Afrique du Nord (à voir absolument !)


- Une partie de la Via Domitia sur la Place de l'Hôtel de Ville


- La Maison des Trois Nourrices, remarquable édifice d'architecture de la Renaissance en Languedoc


- L'écluse du Canal de la Robine


- Les Halles, inaugurées en 1901 et construites par le marseillais André GABELLE


- La Cathédrale Saint Just et Saint Pasteur,
son exceptionnel retable sculpté en pierre polychrome du 14ème siècle et son cloître


Partez flâner dans les ruelles tortueuses du centre ville et découvrez d'autres merveilles :

de petites places accueillantes, l'Horréum composé de galeries souterraines datant du 1er siècle avant J.C., le Musée Lapidaire installé dans l'ancienne église Notre Dame de Lamourguier, c'est la plus grande collection lapidaire après Rome!, les belles demeures bourgeoises du 19ème siècle aménagées durant l'Age d'Or viticole le long du Quai Victor Hugo…


Bonne visite !

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Ville de Narbonne Service Culture et Patrimoine Ville d'Art et d'Histoire

Tel: 04 68 90 30 65


L'Office du Tourisme de Narbonne - 31, rue Jean Jaurès - 11100 NARBONNE
Tél : 04 68 65 15 60
Courriel : info@narbonne-tourisme.com
Site Internet : http://www.mairie-narbonne.fr


Patricia MILAN - Janvier 2009