
Simples
lignes
de ton corps dessiné
venu du fond des âges,
Inspiration
de la pureté de tes formes
Ebauche de ton buste, de tes hanches,
de ton ventre et de tes cuisses fermées
Magdalénienne, très
jeune femme du Paléolithique
ton triangle de vie bien tracé,
Invitation
au désir de ta pudeur fragile
De la pierre tu surgis
sensible
ombre à peine encore visible de nos jours
la modestie de ta beauté
envahit nos esprits
Primauté de ta virginale sensualité
Cachée
dans l'ombre de ta cavité perdue
à l'abri des regards indiscrets
femme
divine, sans visage, presque encore pubère
Traversée dans le
temps qui vient troubler nos âmes
Es-tu là pour nous protéger
de nous-mêmes
du fond de l'humidité moussue de ton mur effacé
nous
parler encore et toujours de la féminité?
Intrusion pâle,
Vénus d'autrefois, d'aujourd'hui et de demain
Tu traverses les
siècles sans un soupçon de vieillesse
comme un cliché
photographique, nous devenons l'oeil qui t'a esquissé
était-ce
un homme, une femme, toi, un artiste sans nom
Mystère à jamais
élucidé comme ton visage qui n'a jamais existé