" La guerre du feu " de Jean-Jacques ANNAUD
Un classique incontournable dans le genre Une tribu qui ne sait pas faire le feu le perd lors d'une altercation avec une autre communauté. Trois individus partent à sa recherche et ils découvriront bien plus lors de ce périple : comment faire le feu et le maîtriser, des contrées inconnues, des peuples différents du leur, le rire, l'amour Malgré quelques invraisemblances historiques, une très belle saga sur les prémices de l'humanité.
" Le cur de l'ourse " réalisé en 2001 par ARVO IHO
avec Rain Simmul, Dinara Drukarova, Ilyana Pavlova, Külli Teetamm
Epoque
contemporaine. Niika quitte la ville pour s'installer en Sibérie où
il souhaite devenir chasseur. On dit qu'il vaut mieux " n'avoir qu'une seule
dent dans la bouche plutôt que de vivre seul dans la taïga " et
Niika en fera l'expérience. Sur son chemin, il rencontrera un couple d'ours
et tuera le mâle. La femelle qui porte sur son front une étoile blanche
se montre alors étonnamment câline et ne le quitte plus. L'hiver
suivant, à son retour, il rencontrera une jeune femme blessée, enveloppée
dans une peau d'ourse. Il va la recueillir dans sa cabane.
Voici un film tout
à fait surprenant où se mélangent le mysticisme, les aventures
romanesques et l'érotisme, sur fond de Sibérie avec de vastes étendues,
immobiles sous la neige de l'hiver ou renaissantes dans la frileuse timidité
des étés du grand nord, des lacs immenses comme des mers, des tribus
isolées de la civilisation et des villageois qui veulent partir vers les
grandes villes
A découvrir.
"Microcosmos" et "Génésis" Films documentaires écrits et réalisés par Claude NURIDSANY et Marie PERENNOU
Le premier s'attache à nous montrer le petit peuple de l'herbe, une journée d'été dans la campagne. Une découverte passionnante de ce monde que nos pieds foulent souvent sans en connaître l'exacte teneur : le baiser de l'escargot, la métamorphose de la punaise d'eau, la force décuplée du scarabée... Tout à fait fascinant ! A noter que la bande son des 2 films est très importante, adaptée aux séquences entre musique et mixage de sons réels. Elle insuffle le ton comique, poétique ou dramatique etc. des images.
C'est un griot africain dans le second, qui nous guide sur le chemin du grand début quand il n'y avait que le grand vide à l'instant où il accoucha de l'univers. Il nous explique sans grandes théories, nous entrainant simplement au coeur de la vie et de la matière dans cet invisible qui nous entoure : ballet de cristaux de vitamines C en pleine croissance, parade amoureuse des hippocampes, danse des spermatozoïdes et développement des foetus... A signaler encore, un casting tout à fait spectaculaire de créatures délirantes qui vivent sur terre et dans les mers. Un étonnant voyage dans le cycle perpétuel de la vie.
"Ao" de Jacques MALATERRE
La récente découverte génétique de notre filiation avec Homo Neandertalensis nous pousse naturellement à aller voir ce film, qui est une libre interprétation du roman de Marc Klapczynski: "Ao, l'homme ancien".
Il n'est certes pas aisé de faire un film sur la Préhistoire et encore moins de mettre en scène, la vie personnelle d'un héros "différent", qui a de surcroît une "sale gueule", qui parle un langage "inconnu" et vit dans un environnement qui nous est, de nos jours, complétement étranger: celui d'une nature sauvage, pas encore dominée par l'humain.
Sauf si le pari vise d'abord un enseignement pédagogique, s'il est ouvert à tout public, s'il respecte les connaissances scientifiques connues sur le sujet et si son message concerne directement la survie de notre humanité.
Ainsi, Jacques Malaterre a bien relevé le défi car Ao rassemble en lui tous les bons ingrédients humains, le film est accessible au plus grand nombre et le message est clairement exprimé; de plus les paysages sont magnifiques et les acteurs endossent bien leur rôle... leurs maquillages, leurs parures et leurs peaux de bêtes (un grand bravo à l'équipe technique).
Ao demeure donc un individu comme tant d'autres, vivant dans un milieu hostile et dont la personnalité et le choix de vie sont influencés par le drame qu'il est entrain de vivre: l'extinction de son espèce, supplantée par Homo Sapiens. C'est pourtant avec une de ses représentantes et son enfant, qu'il s'attachera pour le pire et le meilleur, car ce qui est le plus important pour lui, c'est la tolérance, la solidarité, le respect de la vie et sa continuité.
Pour avoir la chance de nous rapprocher de cet ancêtre et du lien qui nous unit à lui, le temps d'une séance, il est désormais possible de voir son incroyable visage crever l'écran et de le suivre dans sa quête de reconnaissance.
A suivre avec l'esprit ouvert, sans à priori et sans s'attacher aux détails pour mieux savourer un instant magique dont nous sommes de nos jours, privés: vivre en présence d'une autre espèce que la nôtre.