L'ABRI D'ARPAN
Envolée sur la voie lactée

L'Abri sous roche d'Arpan
OU SE TROUVE-T-IL ?
Dans le parc naturel du Rio Vero, entre Colungo et Lecina, vous n'aurez aucune difficulté à rencontrer sur le bord de la route (à gauche en venant de Colungo), le départ de la visite qui est indiqué par un grand panneau. C'est du reste le point de rencontre avec le guide qui vous conduira jusqu'à l'abri. Vous pouvez effectuer la balade seul mais vous ne pourrez pas rentrer dans l'abri et ce que vous apercevrez au travers des grilles ne vous donnera pas une idée très précise des scènes qui y sont représentées et qui sont de lecture assez difficile. En effet, il faut s'approcher très près de la paroi et le guidage est indispensable. Comptez une heure et demi à deux heures de visite. La balade est sans grande difficulté au beau milieu d'une petite forêt de chênes verts pour commencer. Arrivé sur le plateau, vous aurez un beau point de vue : droit devant vous au loin, la face arrière de la forteresse d'origine mauresque d'Alquezar et sur le versant droit du massif montagneux, la Grotte del Trucho (qui renferme de l'art paléolithique : mains négatives, signes énigmatiques Actuellement, fermée au public) ainsi que l'Abri d'Arpan. De là, il vous faudra encore descendre puis remonter à flanc de coteau afin d'atteindre votre but.

Les iris sauvages sur la route entre Colungo et Arpan
Les premiers abris sous roche ornés furent découverts par un français Pierre Minvielle qui explorait la région et les signala au Musée de Huesca qui envoya sur place une première équipe de fouilles. Ce ne fut qu'en 1978 que la Grotte del Trucho ainsi que l'abri d'Arpan furent officiellement découverts.
Les peintures de l'Abri d'Arpan appartiennent à une période de l'Histoire
de l'Art, allant du Post-Paléolithique au Néolithique, nommée
Art Levantin. Il tient son nom de l'endroit où il est né,
c'est à dire à l'Est de la Péninsule Ibérique et qui
s'étend sur tout son bassin méditerranéen. Il s'agit principalement
de peintures narratives et naturalistes effectuées à l'air libre
(grottes exposées à la lumière ou abris), sur un support
de roches calcaires. Les pigments utilisés sont naturels : le rouge, le
noir ou le blanc (comme le taureau d'Albarracin à Teruel en calcaire blanc).
Les figures représentées sont généralement de petite
taille et évoquent des scènes de cueillette, de chasse, de danses
ou de combats. Le bestiaire animalier est composé de cerfs, de chèvres,
de sangliers, de quelques équidés et bovidés. La présence
humaine est prépondérante en comparaison de l'art paléolithique
: beaucoup d'archers ou de chasseurs en majeure partie, armés d'arcs (ou
de lances, plus rarement), très stylisés avec une ou deux jambes
et portant sur la tête des ornements visibles (plumes ou chapeaux).
QU'Y VOIT-ON ?
Comme certains abris sous roche de la région, celui-ci a accueilli des nombreuses générations de bergers. Le plafond recouvert du noir des fumées des feux de bois en est témoin. C'est un miracle que quelques peintures soient encore apparentes mais beaucoup ont hélas disparues !
Nous commençons la visite par l'extrémité gauche de l'abri
où se trouvent un archer de profil face à un cerf et un homme
de face, debout, très schématisé. Ces peintures sont
très difficilement discernables, le temps ayant accompli son uvre
d'effacement.
Sur la paroi centrale, nous voyons tout d'abord un cerf magnifique en teinte plate rouge (oxyde de fer) plus stylisé et moins bien conservé que celui de Chimiachas (voir article sur l'abri de Chimiachas). Cependant, il semble de même inspiration quoiqu'il ne soit pas cerné d'un trait plus foncé. Sous ses pattes, de longs traits ocres parallèles composés de petits points semblent dessiner un chemin " magique " qui mène aux chasseurs disséminés dessus, dessous et jusqu'à l'extrémité droite de l'abri. Les chasseurs sont assez difficiles de lecture et le guide vous les indiquera plus aisément grâce aux relevés. Cependant, vous apercevrez avec stupeur le carquois de l'un d'eux et ses jambes, même si le reste de son corps a malheureusement disparu. Certains points pourraient évoquer des abeilles, voilà une des hypothèses en vigueur.

Mais en fonction de l'orientation de ces lignes en pointillé (nord-sud),
des animaux paraissant flotter sur elles et de la place des chasseurs, ne pourrait-on
imaginer qu'il s'agit là d'une scène inspirée par les astres
?
Les pointillés pourraient évoquer la voie lactée ;
les chasseurs et les animaux, des positions planétaires. Quoiqu'il en soit,
c'est une hypothèse tout à fait personnelle et qui n'engage que
moi. Cependant, rien ne nous empêche d'imaginer ces hommes et ces femmes
des temps anciens, bivouaquant sous la lune en une belle soirée d'été,
tentant d'attirer sur eux la bonne fortune d'une chasse fructueuse
LES " PLUS " DE LA VISITE
-
L'équipe espagnole des guides qui font visiter ces abris et qui est fort
sympathique
- Une balade au cur d'un paysage superbe, préservé
et sauvage
- Une région riche d'Histoire et de vestiges de l'art maure,
roman, gothique
INFORMATIONS PRATIQUES
Visites
guidées du 12 juillet au 14 septembre sauf le lundi à 10h et à
18h
et du 15 septembre au 5 octobre uniquement samedi et dimanche
Réservations
individuelles et pour les groupes à l'Office de Tourisme de Barbastro
Tél. 974 308 350
Patricia MILAN / Avril 2004

Vue
de l'Abri d'Arpan sur l'ancienne forteresse maure d'Alquézar